Merci de cet envoi, avec le lien très intéressant.

Pour ma part, l'AFNIC a tout d'un service public. Celui-ci peut d'ailleurs
consister en la mise en œuvre d'un service qui résulte d'obligations
internationales. 

Reste à fonder clairement sa compétence et les limites de ses pouvoirs, ce
qui justifie amplement un débat qui devra donc se terminer au Parlement. Je
suis à votre disposition pour en parler, à l'occasion.

Bien à vous tous, 

--

Bertrand du MARAIS

Conseiller d'État, détaché comme 
Professeur de droit public

UFR de Sciences Juridiques
Bâtiment F, Bureau 101 B & C
Université de Paris Ouest Nanterre La Défense
200, avenue de la République
92001 Nanterre Cedex- France

Fixe: +33-(0)1.40.97.47.03 (direct)
Fax:  +33-(0)1.40.97.47.37

Courriel : [email protected] 
(Attention au « _ » ; Please, mind the “_”)

Site Personnel: 
http://www.u-paris10.fr/11300/0/fiche___annuaireksup/&RH=ufrsjap_enseign

-----Message d'origine-----
De : [email protected] [mailto:[email protected]] De la
part de Philippe Batreau
Envoyé : samedi 9 octobre 2010 21:25
À : [email protected]
Objet : [comptoir 1239] Re:[comptoir 1237] Le système de nommage Français
vole en éclat

Bonjour,

Merci pour cet article.

En tant que publiciste, ça fait un moment que je m'interroge sur la
délégation de service public de facto qu'a ou non l'AFNIC même si
officiellement la chose n'a jamais été présentée comme cela.

En fait, comme l'observe Bertrand du Marais, l'AFNIC originellement
distribue le .fr par délégation de l'ICANN.

Cette situation met à mal nos raisonnements juridiques classiques.

Quelle était la situation avant la loi de 2004 ?

On ne peut que constater le vide juridique dans le dispositif français
qui précède la loi du 9 juillet 2004.
Adhérent de l'AFNIC depuis mai 2000, je m'amusais à dire au précédent
directeur de l'AFNIC qu'il était un sujet de droit américain.

L'article L 45 y change-t-il quelque chose ou ne sert-il qu'à sauver
les apparences ?

En vertu de quoi le ministre désigne-t-il les organismes "chargés
d'attribuer et de gérer les noms de domaine, au sein des domaines de
premier niveau du système d'adressage par domaines de l'internet,
correspondant au territoire national" alors qu'il n'en a pas la
maîtrise ? En quoi l'ICANN est-il lié par notre Code des Postes et
Télécommunications ?

Enfin, en 2007 paraît le décret qui transforme la "consultation
publique" voulue par le législateur en un appel d'offres qui ne dit
pas son nom puisque modestement appelé "appel à candidatures".
Aurait-on pu s'en passer et se contenter d'une consultation publique
sur les règles de nommage ?

J'ai rédigé à l'époque la réponse de l'ISOC France à la consultation
qui a eu lieu, vous la trouverez là
http://www.telecom.gouv.fr/fonds_documentaire/consultations/08/fr/rep-isocfr
ance.pdf

Et enfin, l'AFNIC comme attendu a été désigné, on imagine mal que
quelqu'un d'autre ait pu l'être.

Le Conseil constitutionnel estime simplement que le législateur n'est
pas allé assez loin dans les règles d'attribution et de renouvellement
des noms de domaine n'a donc pas respecté l'article 34 de la
Constitution.

Restent plus de questions que de réponses.

L'attribution des noms de domaine est-ce un service public ?
L'AFNIC bénéficie-t-elle donc d'une délégation de service public ?
Quelles autres solutions envisager ?
L'ICANN a t il chargé le gouvernement français de désigner l'office ou
les offices chargé d'attribuer les noms de domaine ?

On peut espérer que la loi qui devra compléter l'article L 45 fasse
l'objet d'une consultation et soit l'occasion de voir fonctionner une
nouvelle forme de gouvernance de l'internet en France.

Cordialement,

Philippe Batreau



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