Le mardi 4 novembre 2008 05:38:10 Jean-Baptiste Faure, vous avez écrit :
> Le 04.11.2008 00:47, Rafi a écrit :
> > .................
> >
> > Mézofète, pourquoi nous asséner qu'on ne devrait pas dire XXX mais
> > qu'on devrait dire YYY ? Chacun n'est-il pas juge des mots qu'il
> > choisit d'employer ? Chacun n'est-il pas libre de parler comme il
> > l'entend ?
>
> En matière de droit et en ce qui concerne les gens qui doivent dire le
> droit, la réponse est clairement, non.
>
> JBF
En matière de droit la réponse est oui, c'est une évidence !
En matière de législation c'est peut-être non mais cela peut varier très 
sensiblement selon les époques et pas si lointaines, je n'insiste pas... Je me 
permets (je sais, c'est malséant de se permettre à soi-même ) un distinguo, 
pas très subtil d'ailleurs, entre droit et législation, distinguo d'ailleurs 
sans doute voué aux gémonies voire à l'ironie blessante et experte du juriste. 
Sans importance j'assume.

Ensuite, et malheureusement comme vient de le faire un colistier (non je ne 
dénoncerai personne) , il ne faut pas confondre le droit d'expression et la 
validité du propos, et c'est malheureusement ce qui est aujourd'hui 
massivement pratiqué (on pourrait d'ailleurs se demander pourquoi lorsqu'il 
s'agit de personnes éminemment formées aux subtilités du langage et de la 
rhétorique). C'est ce qu'on a appelé ailleurs et il y a déjà un moment le 
"politiquement correct" et ça n'a pas seulement en effet de lissage du 
discours, mais c'est un écrasement de la pensée, une tyrannie. 
En effet si on veut légiférer sur un droit à l'expression selon la validité du 
propos, on se retrouve avec le problème fondamental de déterminer qui va 
définir cette validité et au nom de quoi telle idée serait admise plutôt que 
telle autre, ceci à un nom : la censure.

Il faudrait quand même avoir des idées un peu claires de temps en temps : oui 
on a le droit de dire des conneries, et non une connerie exprimée en droit 
n'est pas nécessairement un argument valide, mais cela relève d'un minimum 
d'intelligence ou de réflexion de la part de l'auditeur ( on dirait  dans la 
novlangue " recevant" ! ) ce qui j' en conviens n'est pas trop à la mode. Ce 
n'est pas parce qu'on tente la lobotomie technologique de la "populace" qu'il 
faut y souscrire par des règles inapplicables et ineptes. (Et je ne parle même 
pas des choix "linguistiques", certains sont à se pisser dessus.)

Quant au rêve éternel des "administrateurs" de tout administrer et son 
renouveau aujourd'hui à travers l'exploitation imbécile  de la puissance de 
traitement des "nouvelles technologies" alliée à l'impact propagandiste des 
média, on sait ce que ça a toujours donné, et on se demande encore comment des 
gens intelligents, éduqués, voire cultivés parfois, puissent ne serait-ce qu'y 
songer.

La liberté d'expression pose effectivement un certain nombre de difficultés qui 
lui sont inhérentes, mais l'idée qu'on pourrait en bénéficier tout en les 
évitant grâce à une législation ou des règles appropriées est une dangereuse 
illusion. 

-- 
A. Salaün

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