Voilà qui, à l'approche de nos gargantuesques fêtes de Noël, donne à méditer.




  ----- Original Message ----- 
  From: Guy Revel 
  To: [email protected] 
  Sent: Tuesday, December 22, 2009 11:55 AM
  Subject: [barducoin] Pavel Bosak ou l'économie socialiste souterraine


Salut,

Bon, je vous parlais des plans de Pavel Bosak. Si certains s'en souviennent, 
ces plans montraient souvent des sections de bois bizarres, par exemple de la 
planche de balsa de 7 mm et autres curiosités du même genre. La raison en est 
simple : c'est ce qui avait été disponible dans le magasin de modélisme le jour 
de la visite et c'était ça ou rien. Autre exemple, quand il y avait un arrivage 
de peinture (cellulosique), on achetait de la peinture, point. Ne parlez pas de 
choix de couleurs, il était exceptionnel qu'il y ait deux couleurs différentes, 
faut pas être exigeant à ce point !
Pendant plusieurs années, à Prague (ailleurs aussi dans le pays, mais je ne 
l'ai pas vu) les voitures dans les rues étaient toutes dépourvues 
d'essuie-glaces. En fait, quand quelqu'un utilisait sa voiture, il la quittait 
toujours en les prenant dans sa poche pour éviter qu'on les lui vole. Tout 
simplement parce qu'on ne pouvait pas en trouver du tout dans le pays. Et pas 
seulement des essuie-glaces, il y avait une pénurie de caoutchouc, quelle qu'en 
soit l'utilisation. Un  jour, pendant que j'étais à Paris, un ami m'a demandé 
de lui envoyer du caoutchouc. J'ai peiné comme un malheureux pour acheter et 
lui envoyer du caoutchouc pour les avions de vol ibre, ce qui était déjà 
difficile à trouver en France. La fois suivante que je suis allé chez lui, il 
m'a expliqué qu'il n'avait pas particulièrement besoin de ce caoutchouc (il ne 
faisait pas de vol libre), mais que, comme n'importe quelle forme de caoutchouc 
manquait, ça pouvait toujours servir et il pouvait toujours l'échanger contre 
quelque chose de plus utile pour lui.

Ca, c'était la situation générale et habituelle dans tous les pays de l'Est et 
la Tchécoslovaquie était en quelque sorte un pays privilégié dans la mesure où 
il ne manquait presque rien en comparaison avec les autres pays voisins comme 
la Pologne ou la Hongrie, sans même parler de l'URSS.

Bon, cette petite introduction pour vous faire comprendre, même sommairement, 
ce qu'était la vie là-bas, je ne m'éloigne pas, quoi qu'on pourrait croire, du 
sujet de Pavel Bosak mais là, je vais reprendre ma respiration avant de 
continuer dans le prochain message, à moins que ça vous ennuie parce que c'est 
du modélisme, mais vu tout de même sous un angle beaucoup plus général que 
d'habitude.

Guy R.


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