Le 12/04/10 17:58, Jean Christophe Babinet a écrit :
> De toutes façons, les infras sont saturées à 19h tous les soirs. Alors quoi, 
> tu veux en réserver un bout rien que pour ceux qui acceptent de payer plus 
> cher ? 

Quand on crée artificiellement de la rareté (de bande passante) c'est
pour que la demande soit plus forte que l'offre, et donc pour augmenter
la valorisation de la bande passante. Ca se fait déjà sur les réseaux
data mobile ou le satellite. "Tu veux être prioritaire, c'est plus cher".

> On est face au même problème que les bouchons sur les autoroutes et le péage 
> à prix variable sur l'A1 (c'en est où d'ailleurs ?) : on vire les pauvres et 
> on laisse la place aux riches. C'est la bonne vieille loi du marché qui 
> marche à tous les coups.

Non. Quand une route bouchonne, les pouvoirs publics vont tenter de la
décongestionner par deux moyens :
- Réduire le trafic en proposant des alternatives (ferroutage,
transports en commun)
- Construire des déviations (car c'est une déviation et on doit les
construire, les déviations)

Pour avoir suivi une étude de ce genre récemment, je peux t'affirmer que
le problème est rigoureusement identique et traité comme le font
certains exploitants de réseaux de données. Il s'agit de créer de
nouvelles routes à un meilleur prix.

Une autre approche est de poser des péages pour décongestionner par
segmentation du marché. Ca s'appelle des concessions dans le domaine de
la voirie et des parkings. En réseau, dès fois c'est du refus de vente,
d'autres fois c'est du paid-peering, mais on peut encore innover.

> Si tu veux un système à peu près juste, il faut imposer aux FAI de laisser 
> passer tout le monde. Alors ils seront obligés d'investir, et les prix 
> augmenteront (pas trop quand même), pour tout le monde.

Entre un shapping volontaire, et donc atteinte à la neutralité, et
l'absence d'investissements qui conduit à la saturation d'une route, il
y a une marge de "mauvaise foi" qui est quasi impossible à règlementer.

Après tout, upgrader les ports, c'est bien, mais si c'est pour connecter
un réseau qui va, sur un coup de tête, décider un jour de tout router
par le port parisien puis le lendemain par le port lyonnais plutot que
d'équilibrer, c'est ton infra interne qui doit pouvoir encaisser.

Le problème se trouve alors du coté des équipementiers qui ne proposent
pas de quoi construire des dorsales de capas chiffrées en Tbps à des
prix raisonnables.

Plus j'avance dans la synthèse des positions, plus je me dis que le
problème dépasse largement le scope de la liste et le pouvoir de
l'ARCEP. L'idéalisme me fait espérer un consensus d'intérêt général, le
pragmatisme me laisse à penser qu'on est mal barré tant que tous les
opérateurs ne se mettent pas à causer loyalement.

-- 
Jérôme Nicolle

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