Tu as raison, Daniel. En effet, le raisonnement ne marche que pour ceux qui font des choix. Mais en y réfléchissant, quel enfant restera apathique, dans son coin en attendant qu'on lui dise quoi faire ? Parfois, nous aurons à suggérer, à proposer, à montrer... Nous aurons à valoriser, à encourager, à publiciser afin d'affirmer des choix.
La question qui nous pose problème est effectivement plus celle du non-choix que celle du choix. Pouquoi tel enfant ne va pas vers des activités de lecture ? Alors on l'observe de manière plus accrue sur ce point précis et on remarque qu'il se sent mal à l'aise, qu'il bute sur les mots, qu'il se sent nul dans ce domaine... Alors il faut l'encourager, l'aider à prendre confiance et à considérer ce domaine comme un choix possible à partir duquel il pourra prendre plus de plaisir en le faisant qu'en le refusant...
N'est-ce pas ce qui se passe aussi avec l'enfant qui va s'orienter en permanence vers l'ordi ? N'est-ce pas que cet enfant n'arrive pas à prendre plus de plaisir en faisant autre chose (en dessinant, en écrivant, en parlant, etc...) ? Dans ce cas, notre boulot est sûrement de lui montrer que "d'autres mondes sont possibles" ;-) Et là, ça va dépendre des enfants : un enfant en recherche va passer son temps autour des lettres, des écrits, etc... va-t-on le forcer à laisser tomber partiellement afin qu'il fasse bien toutes les autres choses qu'il a à faire ? Un enfant qui va passer son temps à faire des circuits imaginaires dans la cour de récréation comme le décrit Bernard dans son bouquin va nous poser plus de questions. Et pourtant, il y a tout autant d'apprentissages derrière... Pour un peu qu'on s'y intéresse...
Finalement, la motivation viendrait des recherches des enfants, de notre intérêt partagé (notre attitude d'amateur de sciences, d'art, de maths, etc...), de la découverte de nouveautés...
Et la possibilité pour les enfants de faire des choix viendrait de leur disponibilité, de nos encouragements et valorisations, de notre intérêt partagé (attention portée à ce que fait chaque enfant : dans ce dernier cas, si on suit l'enfant, on pourra l'accompagner sans tomber comme un cheveu sur la soupe)
Notre aide viendrait donc de différentes attitudes :
- motivation
- suivi, intérêt,
- aide au choix
- valorisation
- réponse aux demandes, aux questions (finalement, un dictionnaire ne refuse jamais une réponse...) (loin de moi l'idée de nous prendre pour des dictionnaires... on serait bien trop indigestes !)
- aide à la prise de conscience de ses possibilités

Si on applique cela à l'exemple du vélo, on voit que si l'enfant a un intérêt à faire du vélo sans roulettes, qu'on le suit, qu'on lui montre notre intérêt, cela va l'aider à faire le choix de tenter de passer ce cap. Tout le long, nous le tiendrons, le rassurerons et ne manquerons pas de le valoriser à chaque envolée même d'une seconde (et même sans envolée !).
Tout le temps qu'on le tiendra, on répondra à ses sollicitations de maintien de l'équilibre. On ne le laissera pas tomber tout de suite, dès le premier essai sous le prétexte que l'on ne doit pas intervenir. (d'ailleurs, la non intervention est aussi une intervention : un refus).
Progressivement, en restant à côté mais en écartant de plus en plus les bras, on va permettre à l'enfant (tout en intervenant encore) de prendre conscience qu'il est capable, qu'il y arrive et qu'il n'a plus qu'à se lancer tout seul.
Et quand il se lance tout seul, on partage sa joie...

Ludo



Daniel Gostain a écrit :
A mon avis, les choses ne sont pas si simples sur "qui doit faire le choix".
 
Parfois, si c'est nous qui choisissons pour l'enfant qui ne sait pas vers où aller, ça peut lui ouvrir un horizon nouveau qui lui donne envie. N'oublions pas qu'à côté d'enfants autonomes et/ou plein d'envies, il y a aussi ceux qui pour des raisons multiples (manque de confiance en eux ; non-habitude à être "stimulés" à la maison, etc...) sont perdus face à un choix. Leur proposer une direction qui nous paraisse bien pour eux peut être intéressant et facilitera des choix autonomes pour plus tard, quand l'enfant sera prêt.
 
Daniel
-----Message d'origine-----
De : Ludovic Marchand [mailto:[EMAIL PROTECTED]]
Envoyé : mercredi 9 mars 2005 18:46
Cc : [email protected]
Objet : [3type] La fameuse question du choix

Je fais vite car j'ai un rendez-vous...

Pour ma part, j'aurais tendance à penser que si un enfant fait ce qu'il choisit, c'est qu'il a un intérêt à le faire (passer le temps, chercher quelque chose, prendre du plaisir, apprendre, jouer, etc...).
Si c'est nous qui choisissons, l'enfant n'aura plus comme alternative parmis tous ces intérêts que ne pas se faire engueuler, qu'on le laisse tranquille parce qu'il aura fait ce qu'on lui demande et éventuellement, apprendre quelque chose si cela colle à ses intérêts du moment.
Si c'est nous qui choisissons, nous régissons la vie du groupe et ce n'est plus les différents membres du groupe qui régissent le groupe par la communication qui peut exister. Face à 15 ou 30 enfants, nous en contenterons quelques uns mais pas tous...

Concernant ma place, j'ai aussi du mal à me situer car cela dépend des jours. Il y a des jours où je vais laisser les enfants chercher et d'autres où je vais les épauler pas mal. Plus que des jours, cela dépend des enfants et de ce qu'ils font d'ailleurs. Il est bien évident qu'un enfant de 4 ans qui veut écrire quelque chose sur son canard dans la ruche au jour le jour, je vais l'épauler fortement. Par contre, je vais le laisser se dépatouiller avec les engrenages ou la porte du poulailler...

Un exemple peut sûrement nous aider à réfléchir à ça, c'est l'apprentissage du vélo ou des rollers...

A vous lire,

Ludo

Philippe Ruelen a écrit :
Il me semble que nous sommes nombreux à vouloir organiser la structure pour que, le plus souvent possible et donc tout le temps à terme, ce soit l'enfant qui choisit son activité.
Pourquoi cette volonté ? Arriverait-on à être explicite sur la réponse ?
Pour moi, ... c'est important .... ça me semble évident ... mais quand j'essaie d'expliquer pourquoi je ne suis pas clair.
Et, j'ai surtout été étonné d'apprendre que pour certains collègues (amis) cela ne leur paraissait pas important : "A partir du moment où ils sont en activité, c'est quasi pareil".
 
Quoi vous dîtes ?
 
Hier soir, à la réu du GEM01, j'ai fait un pas de plus vers la prise de conscience que je n'aidais pas assez les enfants en classe. De peur de faire à leur place, je pense que je suis tombé dans l'excès inverse. Hélène et les copains des CREPSC m'avaient déjà fait avancer dans ce domaine, mais la discussion d'hier soir m'a beaucoup apporté. Certains voyaient une corélation entre cette attitude et mon fonctionnement. Je pense que cela n'a rien à voir.
 
Philippe Ruelen
 
 
 
 

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