Le 24/09/2009 23:07, Jean-Baptiste Faure a écrit :
Le 24.09.2009 15:43, Olivier R. a écrit :

Je suis perplexe à la lecture de la discussion en question. Je pense
qu’il faut séparer clairement la question technique de la possibilité
d’utiliser le dictionnaire de son choix dans OOo et celle du
dictionnaire installé par défaut.
Pour la question technique il faudrait que des utilisateurs de MacOS
vérifient qu’on peut effectivement désinstaller les dictionnaires
fournis par défaut. Normalement il suffit de procéder à la
désinstallation après avoir lancé OOo en tant qu’administrateur.
Pour la question du choix du dictionnaire installé par défaut, le choix
actuel, si je me base sur les échanges que j’ai lus, me parait le plus
sain :
- il ne privilégie aucune des deux orthographes ;
- il est conforme aux règles de l’éducation nationale ;
- il est compatible avec le choix fait par MS-Office.
Ensuite si un consensus
pour changer de dictionnaire français par défaut dans OOo s’établissait,
je pourrai porter cette demande. Mais franchement, il faudra avoir de
bons arguments pour remettre en cause le choix qui a été fait lors de
l’intégration des dictionnaires sous la forme d’extensions.


Comme c’est une question qui me préoccupe pour le moment, je vais donner mon avis, en essayant d’être neutre et d’étayer mon propos.

Le choix actuel est logique, mais il n’est pas le meilleur. Il est logique dans le sens ou aucune des deux orthographe n’est fautive (contrairement, par exemple, à la réforme de l’orthographe allemande de 1996 qui est devenue obligatoire en 2005). Toutefois ce choix ne permet pas d’assurer la cohérence de l’orthographe au sein d’un texte, ce que je trouve plutôt dommage. En caricaturant, c’est comme si au sein d’un texte en français, OOo acceptait « language » sous prétexte que OOo est configuré également pour vérifier l’orthographe de l’anglais. C’est, à mon sens le principal reproche que l’on peut adresser à ce choix technique.

La cohérence de l'orthographe est pourtant un critère essentiel de qualité d'un document.

L’utilisateur qui veut garantir la cohérence orthographique de ses documents — que ce soit pour l’une des graphies ou l’autre — doit modifier ses extensions. C’est un premier obstacle. D’une part ce n’est pas intuitif du tout, car rien ne relie logiquement pour un utilisateur les options de la correction orthographique, le choix de la langue ou les options linguistiques aux extensions. D’autre part, il faut être administrateur pour pouvoir désinstaller ou même désactiver une extension [1]. Finalement, il faut souvent [2] redémarrer OOo et le démarrage rapide [3].

À ce moment là l'utilisateur rencontre le second obstacle : le choix entre les deux orthographe est « définitif ». Il est établi pour une session d'OOo. Impossible de vérifier correctement l'orthographe de deux documents écrits dans les deux orthographes différentes, ou d'une citation écrite en l'orthographe inactive.

Troisième obstacle : le réglage n’est pas stoqué dans le document (ni au niveau des caractères, ni du paragraphe, ni du document dans son ensemble), mais au niveau de l'application. Lorsque l'on édite le document de quelqu'un d'autre, il est nécessaire de transmettre par ailleurs (oralement, par courriel, dans un commentaire) l’information afin que tous les éditeurs soient sur la même longueur d’onde pour assurer la cohérence du document.

L'idéal, àmha, serait vraiment que les orthographes classique et réformée soient considérées comme des variantes linguistique, qu'elles soient considérées de manière analogue et complémentaire aux variantes locales. fr-FR -> fr-FR-1990 (exemple bidon sans aucune garantie de conformité) ou quelque chose comme cela, c'est permis en théorie par les tags IETF. Il y a même la possibilité de spécifier un subtag privé qui ne doit pas être avalisé par l'IANA. C'est donc possible dans le respect des standards. Évidemment, il faut un effort de développement.

J'en arrive, finalement, à la question réellement posée : le choix du dictionnaire par défaut. J’estime qu'il s'agit d'un faux problème qui nait de la rigidité du système actuel. Un système proposant un choix libre et souple, avec éventuellement une question à la première utilisation, serait le mieux.

Àmha la nouvelle orthographe serait le choix le plus logique, mais il s'agit d'une question de politique et d'idéologie.

Le coup de gueule de L'ignorant sur le forum plaide (hem) pour l'orthographe classique par défaut. Il est vrai que le monde réel est réfractaire à ce changement et que de nombreux employeurs ou professeurs vont considérer comme des fautes des graphies qui sont correctes, au détriment de ceux qui les emploient. Ceci soit par ignorance, soit par idéologie. Toutefois ceci est un raisonnement circulaire : on n'applique pas le changement parce que jusque là il n'a pas été appliqué. Bravo le prof. A décharge de L'ignorant : il est vrai que la langue est décidée avant tout par ses locuteurs.

Difficile de résumer les débats furieux et désordonnés créés par la question de la réforme de l'écriture. Je vais toutefois essayer.

Les arguments pour une/la réforme :
• L'écriture classique souffre de beaucoup d'incohérences, qui compliquent l'apprentissage et l'usage du français • Ces incohérences n'apportent rien ou peu et n'ont souvent aucune raison d'être autre que les accidents de l'histoire (le célèbre nénuphar/nénufar) • Ceux qui s'intéressent à la partie de l'histoire et de l'évolution de la langue visible dans l'écriture classique et masquée par la réforme, peuvent l'apprendre par ailleurs, comme c'est le cas pour toute les évolutions antérieures. Il est inutile de l'imposer à ceux qui n'en ont pas besoin. • L'écriture correcte selon le système classique, soit selon un système arbitraire de conventions compliquées ne sert qu'à permettre à une élite de se distinguer. • Le temps et les efforts épargnés dans l'apprentissage de l'écriture par la réforme permettent de mieux apprendre d'autres choses, qui pourraient être le français (grammaire, auteurs, …) et son histoire.


Les arguments contre :
• L'écriture classique est le reflet de l'histoire de langue, la simplifier c'est l'appauvrir. • Ceux qui ont des difficultés d'apprentissage ou d'usage n'ont qu'à faire un effort, sinon c'est le nivellement par le bas, l'on ne fait que satisfaire des incapables et des paresseux au lieu de leur apprendre le gout de l'effort.
• Personne n'utilise(ra) cette réforme.
• Les pouvoirs politiques n'ont pas à imposer aux locuteurs l'écriture langue (d'ailleurs, ils le savent et ne l'ont pas fait : la réforme est facultative).
• L'écriture réformée est moche.
• Il faut ré-écrire tous les classiques, c'est trop de travail et cela appauvrirait ces textes historiques. Si l'on ne le fait pas, on va apporter de la confusion car on apprendrait un système pour écrire et l'on lirait les grand auteurs avec un autre.


J'espère que mon analyse vous sera utile,


Bien cordialement,


Philippe Debar



[1] Il serait logique, utile et agréable que les utilisateurs, en plus de pouvoir installer librement des extensions, puissent librement désinstaller et désactiver les extensions par défaut, par défaut. À moins — éventuellement — que l'administrateur ait fait le choix de bloquer cette possibilité. La logique voudrait également que l'administrateur puisse interdire d'installer des extensions, mais peut-être est-ce déjà le cas ?

[2] Je ne sais pas exactement ce qui détermine le fait qu'il faille ou non redémarrer OOo après avoir installé, activé, désactivé ou désinstallé une extension. Lorsqu'au démarrage d'OOo la première chose que l'on fait soit de modifier les extensions, cela fonctionne sans redémarrage. Le fait que le comportement ne soit pas toujours le même est source de confusion.

[3] Ne serait-il pas la moindre des choses que le gestionnaire d'extension signale la nécessité de redémarrer et propose un bouton (ou autre) qui le fasse (y compris le démarrage rapide) ?

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