On 18.10.18 16:32, Laurent Franceschetti wrote:
Le point que je ne comprends pas, c’est pourquoi « garantir le retour à la 
communauté » des modifications?

Il s'agit d'un échange de bon procédé, en quelque sorte. Je ne te fais pas payer mon code, mais si tu le modifie pour l'améliorer... renvoie-moi l'ascenseur !

Pourquoi obliger légalement les gens à faire quelque chose que, de toute façon, 
ils auraient en majorité envie de faire?

Ca c'est peut-être vrai pour certains, mais pas vraiment pour d'autres. Voir Oracle, MongoDB, etc. On porte aux nues un certain Guillaume Portail et le fait qu'il soit devenu multimilliardaire. Plus de 90% des développeurs rêvent de toucher le jackpot en vendant du logiciel. Il n'y a qu'à voir l'engouement des développeurs pour des applications sur les niphone lors des premières années... Combien sont en GPL ? Ne nous voilons pas la face, le mouvement initié par RMS était justement destiné à lutter contre la mentalité qui consiste à piller le travail des autres pour ensuite faire de l'argent avec.

Et surtout, au nom de quoi faire la guerre à ceux qui ne le feraient pas?

En gros. Si tu ne veux pas respecter les règles de partage... pas touche !

Je pense que c’est là une position arbitraire — sans justification morale 
suffisante — qui fait seulement travailler les avocats à plein régime sans 
bénificier à la communauté du libre. Et qui au contraire, met des bâtons dans 
les roues aux créateurs et diffuseurs du logiciel libre en le plaçant en risque 
légal face au logiciel payant.

Je ne vois pas d'entrave à la créativité. Bien au contraire ! Je sais que si j'utilise du code GPL, que je développe le miens aussi en GPL et en respectant les règles, je ne serai pas traîner en justice pour avoir abuser des règles légales. Je n'implique pas d'avocats et n'utilise les ressources de la FSF (et autres) que dans la mesure où j'adopte ses règles.

Si on défend la liberté, alors on défend la liberté: les gens devraient avoir 
le droit de faire WTF, dans la mesure où ils laissent le reste du monde 
continue à avoir le droit de faire WTF. Les licences restrictives, pour être 
appliquées, exigeraient de mettre un policier derrière chaque développeur. 
Est-ce que c’est cela qu’on veut?

Je ne considère pas que la GPL soit restrictive, bien au contraire. Par contre les licences du style de celles crée de toute pièce par MongoDB, etc. Par contre je vois plein de restrictions à utiliser d'autres licences dont l'objectif est de protégé l'auteur contre les logiciels dit "Open Source". Comme dit précédemment, la GPL essaie de protéger la communauté contre l'appétit, et la roublardise, des entreprises. Par contre beaucoup de licence n'acceptant pas la GPL, mais voulant laisser seul le propriétaire décider de tout (y compris facturer) sont elles très limitatives. Un bon exemple est l'attitude d'Oracle avec Java et sa tentative de procès contre Google.

Mais tout ça a déjà été débattu depuis près de 30 ans, et il suffit de relire le "GNU Manifesto" pour s'en rendre compte.

http://vlado.fmf.uni-lj.si/vlado/mm/gnu/manifesto.html

Des milliers de gens très compétents se sont pencher sur cette problématique des licences depuis pas mal de temps. Il existe plein de lieu où l'on peut exprimer son opinion. Comme cela est exprimé dans le lien donné par Claude l'autre jour (https://sfconservancy.org/blog/2018/oct/16/mongodb-copyleft-drafting/) :

"One of the most important principles in copyleft policy that our community has learned is that commercial, non-commercial, and individual actors should have equal footing with regard to rights assured by the copyleft licenses themselves. There is no debate about that; we all agree that copyleft codebases become meeting places for hobbyists, companies, charities, and trade associations to work together toward common goals and in harmony and software freedom. With this blog post, I call on everyone to continue on the long road to applying that same principle to the meta-level of how these licenses are drafted and how they are enforced. While we have done some work recently on the latter, not enough has been done on the former. MongoDB's actions today give us an opportunity to begin that work anew."

Mais ce que j'aime par dessus tout, et qui m'avait marqué à l'époque, est la description suivante de RMS au sujet de la facturation de l'air dans la station spatiale internationale... je trouve hilarant et indiscutable :-)

"Arrangements to make people pay for using a program, including licensing of copies, always incur a tremendous cost to society through the cumbersome mechanisms necessary to figure out how much (that is, which programs) a person must pay for. And only a police state can force everyone to obey them. Consider a space station where air must be manufactured at great cost: charging each breather per liter of air may be fair, but wearing the metered gas mask all day and all night is intolerable even if everyone can afford to pay the air bill. And the TV cameras everywhere to see if you ever take the mask off are outrageous. It's better to support the air plant with a head tax and chuck the masks."

dc
















Le 18 oct. 2018 à 15:42, Marc SCHAEFER <[email protected]> a écrit :

On Thu, Oct 18, 2018 at 12:32:23AM +0200, Miçhael Parchet wrote:
Si on prend mon cas, j???avais le projet de faire un programme à partir de 
d???un autre qui justement est en GPL v3.  La seule chose que je voulais 
c???était de faire du libre payant
Rien n'est exclu, mais `à partir de' est vague ici. Suivant la signification
(usage de service, linkage, modification de la source), cela n'a pas
le même impact.

Rappelons un des buts du copyleft (GPL est copyleft libre, BSD est
libre non copyleft): c'est d'obliger à ce que les modifications au logiciel
copyleft soient reversées à la communauté, s'il y a distribution du
logiciel (GPL), ou s'il y a exécution en tant que service dans le cloud
(Affero GPL). C'est pour cette raison que certains parlent de `licences
contaminantes' pour les licences copyleft.

Mais il faut commencer par définir son modèle économique: est-ce que la
valeur de mon travail est uniquement un logiciel, que je vais rentabiliser
par des licences, ou est-ce autre chose ?

Si la valeur ajoutée est vraiment liée au logiciel, mettre en open source
ou libre ne semble pas adapté.

Si c'est autre chose (analyse, adaptation, service, etc), alors, mettre
en open source ou libre peut être envisagé. Quand on regarde des cas
précédents (toolchain gnu, Asterisk, Request Tracker), on se rend compte
qu'on peut

   - créer un écosystème tellement complexe et spécialisé que l'on est
     le seul à pouvoir l'adapter / l'améliorer: p.ex. la toolchain gcc

   - jouer sur le dual-licensing pour intéresser à la fois la communauté
     du libre et les intégrateurs/distributeurs propriétaires: Asterisk

   - jouer sur la formation à l'outil, le développement de modules
     complémentaires: Request Tracker

(j'ai un peu schématisé).

Comme exemple plus "4.0", pensons aux services en ligne où finalement
la valeur est l'externalisation / la dématérialisation du logiciel.
D'ailleurs comme on l'a vu, la plupart des licences libres ont un
manque légal: seule l'Affero GPL garantit le retour à la communauté
des modifications à des logiciels GPL ainsi exploités.

Revenons à votre question: puis-je faire de l'argent avec un logiciel
qui utilise des logiciels en GPL ?

Oui, en distribuant votre logiciel également en GPL ou toute licence
copyleft ou non copyleft compatible GPL, et en le rentabilisant
par un des moyens ci-dessus.

Oui, si votre logiciel propriétaire n'est pas linké à du logiciel copyleft,
mais simplement utilise des services de logiciels en copyleft: vous pourrez
même facturer l'installation, la configuration et l'intégration de ces
logiciels copyleft à votre logiciel propriétaire. Ou vous pourriez profiter
de la clause d'agrégation de la GPL [1] et distribuer les logiciels
libres sur le même média que les/votre logiciel(s) propriétaires --
tant que vous ne limitez pas la redistribution de chaque composant
individuel plus que sa licence propre originale. Ou un script d'installation
qui charge le logiciel libre d'un miroir Debian.

Exemple: j'écris un logiciel d'aide au choix de licences logicielles,
dont le backend de données est une base de données dont la licence est
GPL et qui tourne dans une VM Linux (dont le kernel est GPL).

NB: la GPL n'est pas forcément la meilleure licence libre suivant les cas,
voir le sélecteur: https://choosealicense.com/  Et on peut toujours
faire du dual-licensing si tous les contributeurs sont d'accord.
Le choix d'une licence est du domaine exclusif de l'auteur/des auteurs
du logiciel.

[1] https://www.gnu.org/licenses/gpl-faq.html#MereAggregation
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