http://www.bortzmeyer.org/6164.html

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Auteur(s) du RFC: M. Kohno (Juniper Networks, Keio University), B. Nitzan 
(Juniper Networks), R. Bush, Y. Matsuzaki (Internet Initiative Japan), L. 
Colitti (Google), T. Narten (IBM Corporation)

Chemin des normes

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Quelles adresses IP utiliser sur un lien point-à-point, lorsque les 
deux machines qui se parlent sont seules sur le lien ? Ce nouveau RFC 
recommande l'utilisation d'un préfixe de longueur /127 pour IPv6, ne 
permettant que deux adresses IP.

Cette recommandation existait déjà pour IPv4, dans le RFC 3021, qui 
recommande un /31. Pour IPv6, la norme, en l'occurrence le RFC 4291 
préconisait au contraire un préfixe /64 pour tous les liens. Les 
adresses sous ce préfixe pouvaient alors être construites selon le 
format dérivé du EUI-64. Certains opérateurs avaient déjà ignoré cette 
norme et utilisaient des préfixes de longueur /127 (ne laissant qu'un 
seul bit pour identifier la machine), malgré l'avis du RFC 3627, qui 
mettait en avant le risque de confusion avec l'adresse "anycast" des 
routeurs. Notre RFC 6164 leur donne raison et officialise les préfixes 
/127.

Lorsqu'il n'y a que deux machines sur un lien (par exemple une liaison 
point-à-point, que ce soit parce qu'elle utilise un technologie 
purement point-à-point ou bien simplement parce qu'elle a été 
configurée ainsi), on peut aussi utiliser les adresses locales au lien 
(fe80::/10). Mais, comme le rappelle la section 3 de notre RFC, 
celles-ci ne sont pas toujours suffisantes : surveillance du réseau à 
distance, traceroute et BGP sont des exemples de bonnes raisons pour 
utiliser des adresses globales.

Quelles étaient les raisons pour se méfier des préfixes de longueur 
127 ? La section 4 résume la principale : confusion possible avec 
l'adresse des routeurs du lien, définie en section 2.6.1 du RFC 4291. 
Or, non seulement l'expérience des opérateurs qui ont violé le RFC 3627 
a été positive (pas de problèmes notés) mais on peut trouver des très 
bonnes raisons pour utiliser des préfixes plus spécifiques qu'un /64. 
La section 5 cite :
* Risque de boucle de routage sur un préfixe plus général qu'un /127, 
si le lien n'utilise pas le NDP (c'est le cas de SONET).
* Risque d'attaque par déni de service en épuisant le cache des 
voisins. Imaginons nos deux routeurs sur un Ethernet et étant 
configurés dans un préfixe /64. Tout paquet IP à destination d'une 
adresse de ce préfixe va faire l'objet d'une tentative de résolution 
par NDP (RFC 4861), et, pendant ce temps, le routeur devra garder une 
entrée dans sa table des voisins, avant de renoncer. Évidemment, aucune 
machine n'a une table des voisins de 2^64 entrées. Un méchant qui 
générerait des paquets à destination de toutes les adresses du préfixe 
/64 pourrait remplir cette table plus vite que l'expiration du délai de 
garde ne la vide. Notez que cette attaque n'est pas spécifique aux 
liens point-à-point mais ceux-ci sont souvent des liens vitaux, entre 
routeurs « importants ». Cette attaque peut être traitée en limitant le 
nombre de résolutions NDP en cours mais cela ne la résoud pas 
complètement, alors que l'usage d'un /127 la supprime.
* Sensation de gaspillage des adresses si on bloque un /64 pour 
seulement deux machines. Vue la taille de l'espace d'adressage d'IPv6, 
c'est le moins convaincant des arguments.


Synthétisant tout cela, la section 6 de notre RFC conclut qu'il faut 
utiliser les /127. Le logiciel des routeurs doit accepter de tels 
préfixes. Les opérateurs doivent faire attention à ne pas utiliser 
certaines adresses, celles-ci ayant une signification particulière : 
adresses où les 64 bits les plus à droite sont nuls, ou bien adresses 
dont ces mêmes bits ont une des 128 plus grandes valeurs (réservées par 
le RFC 2526).

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G6 -- Association Francophone pour la promotion d'IPv6 (http://www.g6.asso.fr)
Liste IPv6tech [email protected]
Info : http://mail.g6.asso.fr/mailman/listinfo/ipv6tech

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