Quelle verve, mon Sébastien.

Pendant quelques instants, je croyais que j'avais fait un voyage astral et
que j'avais écrit ces doux mots sur ton ordi!!! :-)

Mais dans tes scénarios, tu oublies le plus significatif, le plus dangereux,
le plus pervert:

Ton 10-89 est prévu à 22h00, tu demandes ton 10-89, et on te réponds:
"Négatif, vous allez devoir demeurez en devoir jusqu'à un maximum de 16
heures consécutif, puisqu'on est en manque de ressources."

C'est surtout ça que la 16.08 couvre.

Stéphan Gascon



2008/3/31 Sébastien Gagnon <[EMAIL PROTECTED]>:

>  Bonjour à toutes et à tous
>
>
>
> Je vois trois situations où le temps supplémentaire est applicable selon
> l'article 16.08 de ce que le RETAQ a fait signer à ses membres :
>
>    - Je termine mon quart à 22h00, et je reçois un appel à 20h30 qui
>    prend plus de temps que prévu (je vous laisse imaginer les raisons…)
>    - Je termine mon quart à 6h00, et le paramédic qui doit commencer le
>    sien à 6h00 n'est pas arrivé.  Comme je suis le plus jeune en ancienneté, 
> je
>    suis désigné pour rester jusqu'à qu'il arrive (lui ou son remplaçant).
>    - Je termine mon quart à 22h00 et je reçois un appel à 21h55, étant
>    le seul véhicule disponible.
>
> Et ce sont seulement pour ces trois situations que l'employeur pourrait me
> donner un avis disciplinaire si je refuse le temps supplémentaire…
>
>
>
> Pour les autres situations, et à part celle où l'employeur a épuisé sa
> liste de travailleurs sur appel et doit aller au taux et demi pour combler
> un quart de travail je n'en connais pas d'autres, il n'y a aucune obligation
> pour qui que ce soit d'entrer au travail en temps supplémentaire.
> L'employeur vous dit que vous êtes obligé d'entrer au travail, exercez votre
> droit de refus.  Vous avez déjà fait trop d'heures et vous croyez que vous
> pourriez être dangereux sur la route et/ou pour les patients; dites-lui que
> vous êtes dans une dégustation de bières (vous pouvez faire ce que bon vous
> semble pendant vos jours de congé…) et que vous êtes en état d'ébriété, peu
> importe… mais il ne peut pas vous obliger à entrer au travail, et encore
> moins vous donner un avis disciplinaire à l'effet que vous avez refusé un
> quart en temps supplémentaire.  La seule exception que je connais à cette
> règle est lors d'une catastrophe de grande envergure (ie : Verglas, Déluge
> au Saguenay, etc…), et dans ces cas=là, habituellement, les paramédics ne se
> font pas prier pour aider la population…
>
>
>
> L'idée de refuser le temps supplémentaire va faire en sorte de mettre
> énormément de pression sur les employeurs qui ont un contrat de performance
> avec les Agences de la Santé.  Comme la liste des temps partiel sur appel
> est souvent épuisée, les employeurs ne seront plus en mesure de mettre sur
> la route le nombre de véhicules requis par les contrat$ à budget$,
> s'exposant ici à des amende$ ou à d'autres mesures de la part de l'agence…
>
>
>
> Je sens que je vais encore perdre mon sang-froid… trop tard……
>
>
>
> Et tout ça pour faire comprendre aux Agences, et éventuellement au
> Sinistre de la Santé, le DR Couillard, que le Québec vit une pénurie massive
> de paramédics (Pour Couillard : des chauffeurs d'ambulance, il ne semble pas
> comprendre que le préhospitalier a évolué pendant qu'il dort au gaz…).
> Cette pénurie a pour effets de mettre une pression indue sur les paramédics
> qui tiennent le fort sur la route, qui font un nombre croissant d'appels,
> qui ne se souviennent plus de leur dernier repas qui n'a pas été interrompu…
> Et d'un autre côté, toute la nouvelle génération de paramédics, disons des
> 10 dernières années, réalise qu'elle pourra mieux gagner sa vie et avoir de
> meilleures conditions et une meilleure qualité de vie en changeant
> complètement de domaine ou de province…
>
>
>
> Donc, d'un côté on a des vieux paramédics usés qui font ce qu'ils peuvent
> avec les blessures qu'ils ont eues et qui ont moins de reconnaissance de la
> part du gouverneMENT que n'importe quelle autre profession ou n'importe quel
> autre métier, et qui s'en vont tranquillement vers l'invalidité à long terme
> ou le burn-out; et de l'autre côté on a les jeunes paramédics qui quittent
> la profession complètement désenchantés après seulement quelques années de
> pratique…
>
>
>
> C'est rendu que les entreprises ambulancières viennent recruter
> directement dans les collèges, et pas seulement au Québec.  Des entreprises
> sont mêmes prêtes à payer la reconnaissance des acquis pour les paramédics
> formés hors-Québec pour qu'ils puissent travailler au Québec…
>
>
> Voilà donc pourquoi l'arrêt du temps supplémentaire va peut-être réveiller
> quelqu'un quelque part…
>
>
>
> La seule chose qui soit dommage, c'est qu'il s'agisse d'une initiative
> personnelle et pas d'un geste amorcé par le syndicat.  J'espère au moins que
> le RETAQ va avoir les coui…… de défendre les paramédics qui prennent les
> choses en main.
>
>
>
> Ça fait du bien de se défouler parfois….
>
>
>
> En passant, certains employeurs font tout ce qu'ils peuvent pour trouver
> de nouveaux paramédics à mettre sur la route pour donner un coup de main aux
> vieux paramédics qui sont en train de s'user à la corde.  Ils font ce qu'ils
> peuvent avec les contraintes qui leur sont mises de tous les côtés.  Je ne
> ferais pas leur travail, ça doit faire beaucoup de pression sur le dos de
> ces gens.  Mais je les respecte quand même beaucoup.
>
>
>
> Passez une bonne fin de journée
>
>
>
> Paramédicalement vôtre
>
>
>
> Sébastien Gagnon, AEMCA
>
> Paramédic (tant pis pour l'OLF)
>



-- 
Stéphan Gascon

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