L'étude était biaisé.

Ils ont commencé l'étude en même temps que l'implantation du système de traumatologie québécois. La formation PHTLS des paramédics n'étaient pas commencé, les problèmes d'acheminement des patients traumatisés étaient flagrant, les équipes de traumato (sauf SACR probablement) n'étaient à point.

Les critères de transport vers les centres de traumato tertiaires, bien que similaire, ont des variances qui peuvent amener des résultats différents. A Montréal, seuls les trauma pénétrants, les trauma crâniens significatifs et les inconscients (objectivés par les paramédics seulement, les syncopes sont exclues) sont acheminés vers les centres tertiaires. Sinon, ils vont dans un centre secondaire. Or SACR et MGEN sont aussi secondaire pour la moitié de la ville, ce qui fait que les patients transportés en secondaire (par les paramédics) à ces CH peuvent être comptabilisé dans l'étude, alors qu'ils n'aurait pas dû l'être.

L'étude néglige de mentionner les temps d'interventions des équipes de traumatologies dans chaque CH, les variation jour/soir/nuit, les taux de survie en CH secondaires à Montréal, et les limitations des échelles de traumatologie.

En effet, certains patients ont des pointages artificiellement élevés (patient saoul mort, donc inconscient (5) avec un pouls à 124 (3) et une obstruction partielle des VRS (3) total de 11) alors que d'autre ayant un faible pointage (patient traumatisé conscient avec atteinte neuro significative-genre paralysie des jambes) va être considéré traumatisme mineur et POSSIBLEMENT ira dans un centre de traumato secondaire s'il y avait indice d'impact à haute vélocité (chute de plus de 3 fois sa hauteur, impact >35kmh, piéton à plus de 10kmh, etc).

Il serait intéressant de voir les résultats d'une autre étude qui incluerait:

1- les résulats de tous les centres de traumato (secondaire et tertiaire),
2-distinguer les patients secondaires des tertiaires dans les centres ayant les 2 en utilisant les critères que les paramédics ont utilisés (et non pas assigner rétrospectivement les patients à un ou l'autre)
3-Calculer l'ensemble des temps de réponse des différents intervenants, paramédic (délai entre appel et ambulance, ambulance sur les lieux, ambulance vers CH), centre de traumatologie (avis radio par les paramédics, délai d'activation de l'équipe de traumato, heure d'arrivée dans la salle de choc de l'équipe de traumato)


A Sunnybrooke, l'équipe de trauma est SYSTÉMATIQUEMENT dans la salle à l'arrivé des paramédics lorsqu'il y a activation du système de traumato. Ce n'est pas mon expérience à Montréal (SACR et MGEN), bien qu'il y une amélioration notable comparativement à la période couverte par l'étude a été faites; je ne peut parler pour Québec.

Overall, une étude de statisticiens, rien de plus. On sait déjà que les trauma ont besoin d'une salle d'op au plus vite (principe Platinum 10 et Golden Hour), qu'il semble que l'hypotension contrôlée (permissive hypotension) devienne la saveur de la décennie, et que dans les prochaines semaines les trauma hautes vélocités sans douleur spinales n'auront plus de matelas et collets cervicaux (minerves pour les cousins) à Montréal/Laval (nouvelle formation trauma).

Salutations

Stéphan "lies, damn lies, and statistics" Gascon.

Platinum 10: temps maximal que les intervenants peuvent être sur les lieux
Golden hour: intervale entre l'incident et la table d'opération oû les traumatisés ont les meilleurs chances de survie, établie par C. Adam Cowley MD dans les années 70 à Baltimore, MD
J.P. Blondeau wrote:



Article intéressant pour ceux qui n’étaient pas au courant. Encore plus agressif que le « Scoop and run » américain?? Les SAMU en prennent pour leur rhume depuis quelque temps, non?


JPB



Vivement l'hôpital!


Des interventions trop poussées sur les lieux d'un accident augmentent le risque de mortalité des victimes

Plus le personnel d'urgence envoyé sur le site d'un accident possède une formation poussée en traumatologie, plus les risques de mortalité augmentent pour les victimes. Voilà l'étonnante conclusion à laquelle arrive un groupe de chercheurs canadiens au terme d'une analyse rétrospective de plus de 9 000 accidents graves survenus entre 1993 et 1998, à Toronto, Montréal et Québec.

L'étude, publiée dans les pages de la revue scientifique Annals of Surgery par André Lavoie, du Département de médecine sociale et préventive de l'Université Laval, et par ses collègues montréalais et torontois, démontre que le taux de mortalité se situe à 18 % lorsque des techniciens ambulanciers dispensent les services pré-hospitaliers d'urgence sur le site d'un accident. Par contre, ce chiffre grimpe respectivement à 24 % et à 35 % lorsque l'intervention pré-hospitalière est menée par des techniciens médicaux d'urgence (paramedics) ou par des médecins. Quand les chercheurs restreignent leurs analyses aux cas de traumatismes graves dont les victimes auraient pu sortir vivantes, les statistiques de mortalité passent à 26 % pour les ambulanciers, à 28 % pour les techniciens médicaux d'urgence et à 32 % pour les médecins.

Pour André Lavoie, la cause des résultats contre-intuitifs rapportés dans l'étude n'est pas un mystère. "Plus la personne que vous envoyez sur le terrain peut appliquer de techniques pour stabiliser le patient, plus elle en fait. Ces manoeuvres peuvent avoir un effet négatif parce qu'elles retardent d'autant l'arrivée du patient au centre de traumatologie." Précisons que l'étude portait sur trois villes dotées de centres spécialisés en traumatologie et que les cas considérés (accidents de la route, accidents de travail, chutes, etc.) ne comprennent pas d'événements comme les accidents cardiaques.

Le mieux, ennemi du bien
Les chercheurs ont tiré profit du fait que, au moment de l'étude, Québec, Montréal et Toronto utilisaient trois types distincts de services pré-hospitaliers d'urgence pour comparer les mérites respectifs de chaque mode d'intervention. À Québec, des techniciens ambulanciers dispensent les services de base (immobilisation, pansements, etc.) sur les sites d'accidents. À Toronto, le travail est assuré par des techniciens médicaux d'urgence, qui ont une formation spécialisée dans ce type d'intervention, et, à Montréal, des médecins accompagnaient l'équipe d'urgence. Ces deux groupes de spécialistes dispensent des soins plus élaborés que les ambulanciers sur les lieux d'accidents. "Depuis deux ans, les médecins montréalais ne vont plus sur les sites d'accidents", précise toutefois André Lavoie.


Cependant, le débat persiste dans le monde médical quant à la pertinence d'inclure des médecins dans les équipes d'urgence dépêchées sur les lieux d'accidents. Des pays européens, notamment la France, l'Angleterre et l'Allemagne, utilisent encore cette stratégie, souligne André Lavoie. Ici même au Québec, des discussions ont cours quant à l'éventail de manoeuvres que les ambulanciers devraient avoir droit de pratiquer sur les victimes d'accidents. "Nos études démontrent que, pour augmenter les chances de survie d'une personne blessée, il faut s'en tenir à l'essentiel sur le site de l'accident, prendre le patient et le transporter le plus vite possible dans un centre de traumatologie", conclut le chercheur.

Le commentaire éditorial de la revue Annals of Surgery invite le monde médical à ne pas "s'asseoir" sur les résultats de l'étude canadienne: "S'ils sont convaincants, nous devons les mettre en pratique dès maintenant. S'il nous faut plus de preuves, nous devons nous donner sans tarder un échéancier pour réaliser d'autres études. Ne rien faire pour protéger notre biais en faveur d'interventions pré-hospitalières poussées irait à l'encontre de notre responsabilité première de ne pas faire de tort aux patients."


--- URG-L
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