Je comprend très bien la nécessité de libérer les civières des
paramédics rapidement, et aussi la nécessité d'avoir des infirmières
expérimentées au triage, mais encore faut-il les avoir, ces
infirmières! La plupart s'en vont travailler ailleurs qu'à l'urgence
quand elles ont assez d'expérience...
Sylvain Blanchet, md
Le 09-02-28 à 17:03, Stephan Gascon a écrit :
Sylvain
Un peu argumentum ad hominem, non? C'est pas grave.
LIbérer rapidement ma civière, c'est pour que l'usager soit pris en
charge rapidement et adéquatement. Après tout, les paramédics
prodiguent des soins, et ont tout autant l'intérêt des usagers à coeur
que les infirmières, inhalothérapeutes, ou médecins.
C'est complètement dingue de mettre une infirmière nouvellement
graduée dans le triage. Normalement, une infirmière doit avoir un peu
d'expérience avant d'aller à l'urgence, encore plus pour aller au
triage. Dans la plupart des CH, les infirmières d'agence, même avec
expérience à l'urgence voir triage, ne peuvent faire du triage.
Faire la distinction entre une P3 et 4, ça prends de l'expérience de
plusieurs année appuyé par une bonne base académique pertinente.
Mais ton cas de sepsis soulève un autre problème, celui de la
réévaluation post-triage. Les critères chronométriques de l'ETG mis de
côté, un usager devrait être automatiquement réévalué à des intervales
régulières, pouvant être les mêmes que celles des objectifs
chronométriques de l'ETG.
Le problème fondamental, c'est que l'organisation et l'ergonomie du
travail dans le domaine de la santé est à refaire. Et que c'est un
domaine qui intéresse peu de professionnel de la santé.
Salutations
Stéphan Gascon
2009/2/28 Sylvain Blanchet <[email protected]>:
C'est le point de vue d'un paramédic qui veut libérer sa civière le
plus
vite possible. Mais il y a d'autres points de vue. Reconnaître un
P1 ou un
P2 est facile et ne devrait pas prendre plus que quelques
secondes. C'est
pour reconnaître ces cas que plusieurs urgences font maintenant du
"pré-triage". Cependant, faire la distinction entre un P3 et un P4
est
beaucoup plus subtil et demande un questionnaire serré de la part de
l'infirmière, ce qui peut être assez long surtout si on a affaire à
un vieux
confus de 88 ans qui ne sait pas pourquoi il est à l'hôpital.
Il est vrai que plusieurs renseignement recueillis par l'infirmière
du
triage ne servent pas au triage proprement dit (allergie,
médication, etc.),
mais ces renseignements sont extrêmement utiles pour la suite de la
prise en
charge du patient.
Le problème, c'est que je vois encore trop souvent dans mon urgence
des
patients avec lombalgie chronique depuis des années sans
exacerbation aigue
cotés P3, parce qu'ils prétendent que la douleur est à 10/10, alors
que des
patients en sepsis sont cotés P4... Le patient avec lombalgie sera
vu en
moins de 2 h alors que celui en sepsis attendra 12h dans la salle
d'attente,
et se tapera une CIVD, une nécrose tubulaire aigue et un ARDS cinq
jours
plus tard aux USI.
Quand un patient codera dans la salle d'attente, c'est pourtant
l'infirmière
du triage qui sera sous les projecteurs. C'est elle qui devra
répondre aux
questions du coroner, et de l'avocat s'il y a poursuite. Mais ça,
les
jeunes infirmière sortant du CÉGEP qui sont envoyées au triage ne le
comprennent pas encore...
Sylvain Blanchet, md
Le 09-02-27 à 13:35, Stephan Gascon a écrit :
Avec respect, ce n'est pas du triage qui se fait dans les salles
d'urgence, c'est de la collecte de donnée systèmatique.
Le triage prend entre 45 et 60 secondes. La collecte de données
prends
10-15 minutes, dépendant de l'infirmière, ses aptitudes
informatiques
(logiciels, vitesse de clavier, etc.)
Les CH qui utilisent encore le papier au triage (curieusement tous
anglophones à Montréal) sont plus rapide que SIURGE, MED-URGE, et
autres logiciels d'abrutissement professionnel.
Pour faire du triage adéquatement, ça prends une certaine expérience
et exposition avec une variété importante de présentation médicale,
psychiatriaque, et traumatique.
Mais ça prend surtout du gros bon sens. Et le bon sens a pris le
bord
de l'Ontario ça fait un p'tit bout de temps.
Pour la nuance sur les présentations cliniques, ça relève de la
pratique médicale. Sans farce.
Lorsque les paramédics effectuent un ECG 12 dérivations et que sur
le
papier il est inscrit "INFARCTUS AIGUS DU MYOCARDE PROBABLE", ils
n'ont pas le droit de décider d'aller dans un centre
d'angioplastie 24
heures plutôt qu'un autre CH. C'est considéré de la pratique
illégale
de la médecine. Et ça vient directement de la bouche Syndic du
Collège.
Alors que le gros bon sens veut que, en milieu urbain bien sûr, que
l'usager soit tranporté dans un centre d'angioplastie 24 heures.
Bonne fin de semaine
Stéphan Gascon
2009/2/27 Sylvain Blanchet <[email protected]>:
Nous investissons beaucoup d'énergie chez nous pour former les
infirmières à
appliquer l'ÉTG au triage. Malheureusement, les journées de
formations
que
nous organisions semblent efficaces quelques mois puis les
mauvaises
habitudes reviennent.
L'arrivée du triage informatisé semble avoir été désastreuse
puisque
certaines infirmières n'exercent plus leur jugement et se fient à
la cote
de
priorité assignée par l'ordinateur. Malheureusement, le module
de triage
de
SIURGE ne tient aucunement compte des signes vitaux du patient!!
Et nous
sommes pris avec siurge...
Que faites-vous dans vos milieux respectifs? Pensez-vous que
c'est la
responsabilité de l'hôpital de former les infirmières à l'ÉTG ou
cette
formation ne devrait-elle pas être incluse dans le curriculum de
formation
des infirmières?
Avez-vous des critiques à formuler envers l'ÉTG? Si on prend
l'ÉTG au
pied
de la lettre, toute douleur thoracique potentiellement coronarienne
devrait
avoir un priorité 2, même la douleurs ayant duré 5 minutes
survenue la
veille. Dans un centre de cardiologie tertiaire comme le nôtre,
ça fait
pas
mal de P2... Il me semble qu'un peu de nuance s'impose...
Sylvain Blanchet, md
Hôpital Laval, Québec
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