(d�sol� pour le d�lai de r�ponse, mais mes yeux s'obstinent � se fermer
selon un ph�nom�ne �trange nomm� � manque de sommeil � ces derniers
temps).

> > Je ne vois pas aujourd'hui � un long dimanche de fian�ailles � �tre
> > produit sur le temps libre de passionn�s ou selon une logique don contre
> > don.
> 
> De la m�me mani�re que je ne vois pas un Word (aujourd'hui sign� par 
> Microsoft) �tre produit par un groupuscule de barbus dans leurs garages. 
> (J'ai rien contre les barbus ! Cf. la r�f�rence : 
> http://www.faqs.org/faqs/fr/chartes/misc.bavardages.dinosaures/ ;-) 
Et bien moi si... :-) Je vois le � Word � produit par une nu�e de
b�n�voles, ajoutant les fonctions les unes apr�s les autres.
Je ne vois par contre par une oeuvre refl�tant la personnalit� de son
r�alisateur (n'oublions pas au passage le scripte, les acteurs,...) �tre
r�alis�e incr�mentalement. Il ne s'agit pas ici d'une croyance en ce que
Florent Latrive appellerait probablement � le mythe de l'auteur
romantique �, tout puissant, capable de cr�er ex-nihilo une nouvelle
oeuvre, mais plut�t de sa capacit� � cr�er une oeuvre originale,
refl�tant sa personnalit� � partir (je suis tent� de dire, �videmment)
de ce que ses pr�decesseurs ont d�j� cr��.


> > Je ne vois pas bien en quoi cela g�ne ses spectateurs. Je pense par
> > contre que l'on pourrait d�s le d�part, pour faciliter l'acc�s � la
> > culture, autoriser la reproduction et la r��laboration non-commerciale
> > de la premi�re copie, et pr�voir l'extinction volontaire des droits
> > patrimoniaux � 3 ans (p�riode en laquelle ~90% de l'exploitation
> > �conomique de l'oeuvre est faite). Cette extinction progressive me
> > semble �tre l'esprit des CC. Des CC � time decay � me sembleraient tr�s
> > int�ressantes. Les appeler � libres � ne me sembleraient pas ad�quat.
> 
> Les soucis dans ce paragraphe :
>  - on reparle de mod�le �conomique, alors que je pense que �a devrait sortir
>  du d�bat, puisqu'on tente de parler de libert� 
Je pense qu'on ne reparle pas de mod�le �conomique, mais des conditions
de la cr�ation. L'�conomie (il faudrait d'ailleurs probablement dire
*les �conomies*) n'est de mon point de vue qu'une th�orie de
mod�lisation de l'organisation de certaines de ces modalit�s.

>  - dans un tel cas de figure, on reste dans une situation de face � face
>  producteur<->consommateur, alors que le mouvement du logiciel libre a
>  r�ussir � produire une nouvelle race, l'utilisacteur (Cf. :
>  http://www.libroscope.org/Utilisacteur-vers-une-ecologie ), qui exploite
>  de mani�re int�ressante les libert�s du logiciel pour gommer la distance
>  entre celui qui donne et celui qui re�oit. C'est peut-�tre l� que �a fait
>  mal � ceux qui ont une haute opinion des oeuvres � caract�re artistique :
>  �on va toucher � MES pixels !?� 
Je ne pense pas. Il me semble au contraire parler d'embl�e de
r�appropriation et de r��laboration et ne distingue pas le producteur du
consommateur.

>  - la notion de �time decay� pour les restrictions me parait proche des
>  propos de Fran�ois Elie (Cf. Un logiciel libre est gratuit une fois qu'il
>  a �t� pay�. http://www.adullact.org/LaLettre/9/9.html ). Mais dans ce cas,
>  je renvoie les int�ress�s � ma r�action r�cente sur LinuxFr au sujet d'un
>  soi-disant nouveau mod�le �conomique pour le logiciel libre :
>  http://linuxfr.org/comments/558336.html#558336
>  En gros : tant qu'on n'est pas rentr� dans ses sous, on peut pas faire de
>  libre. Eh bien soit ! Mais en attendant, on peut pas dire que ce soit
>  libre.
Je pense qu'il y a plusieurs mani�res de faire du � time decay �. Se
baser sur la rentabilisation de l'oeuvre me semble, tout comme � toi,
fort d�licat : comment l'estimer de mani�re objective ? Comment fixer le
curseur ?

J'appelle plut�t de mes voeux des licences organisant d�s la publication
la lev�e de la plupart des r�servations sur l'oeuvre : copie et
r��laboration non-commerciale imm�diatement puis r��laboration
commerciale � partir d'une date fixe, non r�visable.

Les ayants-droit utilisant une de ces licences ne demanderaient donc pas
� leurs utilisateurs de patienter jusqu'� ce que leur logique de
production soit satisfaite mais s'imposeraient au contraire d�lib�r�ment
des contraintes temporelles leurs imposant d'accorder certains droits au
public.

Les libert�s primeraient. Pas la logique de production.

Doit-on appeler cela libre ? Je ne le pense pas, pas plus que je ne
pense que la transposition brutale des 4 libert�s d�finies pour le
logiciel par RMS selon sa philosophie de libert� de circulation de
l'information puissent �tre transpos�es brutalement � d'autres types
d'oeuvres. Pas plus que je ne pense qu'il soit productif pour le
mouvement du logiciel libre de chercher � englober d'autres types
d'oeuvres et de se muer en mouvement universel de lib�ration des oeuvres
- ce qui ne disqualifie bien �videment pas des d�marches analogues, mais
AMHA distinctes, telles qu'Art Libre.

Au passage, je trouve que cette transposition proc�de d'une logique
centr�e sur l'oeuvre et non plus sur l'utilisateur (au sens large o�
l'utilisateur est � la fois � consommateur/jouisseur � et � producteur
�). On raisonne en effet le plus souvent selon des analogies entre les
diff�rents types d'oeuvres et on ne part plus de l'homme et de la femme,
perdant ainsi de vue l'essentiel.

De ce que je comprends, RMS ne s'est pas dit � il n'est pas normal que
je ne puisse pas modifier ce logiciel � quand il s'est trouv� face � une
imprimante but�e au code ferm�. Sa r�flexion ne me semblait pas centr�e
sur l'oeuvre. Il me semble qu'il s'est plut�t dit : � Ce logiciel est le
fruit du travail de g�n�rations d'informaticiens et, avant eux, de
l'humanit�. Il est un fragment de la connaissance commune, de notre
patrimoine commun. Il est donc normal que les hommes et les femmes
puissent l'utiliser, l'�tudier, le modifier et le redistribuer � leur
guise �. Ce que Michel Rocard avait synth�tis� en � Tout le monde se
copie et c'est tr�s bien ainsi �.

Amicalement,

Ludovic



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