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Andr� Pratte La Presse
Le premier
ministre Bernard Landry pourrait annoncer en fin de semaine, �
l'occasion du conseil national du Parti qu�b�cois, qu'il s'engage �
tenir un r�f�rendum sur la souverainet� lors d'un prochain mandat.
Tout peut changer d'ici l�, mais c'est en tout cas la d�cision qui
avait �t� prise mercredi, et qui a �t� �vent�e par le ministre
Jean-Pierre Charbonneau. On doit en conclure que ce premier
ministre, ce gouvernement et ce parti sont totalement d�connect�s de
la population du Qu�bec.
Les sondages comme toutes les
conversations le d�montrent: la grande majorit� des Qu�b�cois ne
veut rien savoir d'un r�f�rendum sur la souverainet� au cours des
prochaines ann�es. Il faut que le gouvernement Landry soit en �tat
de panique avanc� pour s'imaginer que la perspective de reprendre le
d�bat sur la souverainet� am�liorera sa cote de popularit�. Au
contraire, cela risque de faire d�railler toute la strat�gie
�labor�e par le gouvernement cet �t�, qui visait � regagner la
faveur populaire en pr�sentant un ambitieux plan d'action, relatif
notamment � la sant� et � l'emploi.
Alors, pourquoi? Les
tenants d'un engagement ferme sur la tenue d'un r�f�rendum estiment
que sans cela, les militants les plus fid�les, ceux sans qui on ne
peut faire d'�lections sur le terrain, d�laisseront le parti. Pour
remobiliser ces ind�pendantistes de la premi�re heure, il faut les
faire r�ver � nouveau, quitte � leur offrir des chim�res. Autrement
dit, sauvons les meubles en se branchant sur le noyau dur du PQ,
quitte � s'�loigner � des ann�es-lumi�re de l'�tat d'esprit du gros
de l'�lectorat.
L'autre hypoth�se sous-tendant ce
raisonnement part du constat que, de sondage en sondage, malgr�
l'impopularit� croissante du gouvernement Landry, l'appui � la
souverainet� reste stable, � environ 40%. Au gouvernement, certains
croient qu'en refaisant de la souverainet� un enjeu, on ram�nera au
bercail des brebis souverainistes �gar�es dans les pr�s de
l'ADQ.
Ce raisonnement ne tient aucun compte du fait que,
parmi les gens qui voteraient oui � un r�f�rendum, plusieurs sont
convaincus que le gouvernement du Qu�bec ferait mieux de s'attaquer
� d'autres priorit�s, et que le temps n'est pas venu du tout pour
une reprise du d�bat sur cette question d�chirante. Ce point de vue
raisonnable et r�aliste est d�fendu par certains ministres. Mais
ceux-ci sont aujourd'hui, apparemment, en minorit�.
Il y a
aussi beaucoup de gens au PQ convaincus que l'option stagne parce
que le gouvernement n'en fait pas une promotion assez agressive. Ce
vieux courant se manifestera encore une fois au conseil national de
la fin de semaine. Une r�solution demande la tenue d'un Congr�s
extraordinaire sur la souverainet�, une autre exige que le PQ et les
d�put�s fassent �de la promotion de la souverainet� leur priorit�
d'action politique�. Comme si la question n'avait pas �t� d�battue �
sati�t� au Qu�bec depuis 40 ans!
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Divis�,
d�boussol�, le gouvernement Landry s'appr�te � lancer des
initiatives importantes et controvers�es, par exemple en mati�re de
lutte contre la pauvret�, de plein emploi et de sant�. Ces
politiques, amen�es dans la pr�cipitation, dans un contexte
extr�mement partisan, risquent de co�ter cher en argent et en
�nergies. Tout cela, maintenant, sur fond de d�bat surr�aliste sur
la souverainet�.
De sondage en sondage, les Qu�b�cois
manifestent leur insatisfaction croissante � l'�gard du gouvernement
du Parti qu�b�cois. Ils souhaitent la tenue d'�lections d�s cet
automne. Le premier ministre devrait �tre � leur �coute, plut�t que
de se laisser guider par une base militante de plus en plus
�troite.
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