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Tout � fait d'accord avec Michel.
Et j'ajoute:
Sans nier le besoin �vident d'am�liorer la
r�mun�ration (je suis pas compl�tement maso quand m�me), je trouve dommage que
les conditions de travail soient pour ainsi dire exclues des discussions
actuelles. Cela prendra encore combien de crises dans les urgences pour que l'on
s'y attarde un tant soit peu. Surtout que c'est � peu pr�s le seul point sur
lequel on pourrait avoir un appui tangible de la population qui ne nous plaind
pas tellement sur le plan salarial, mais qui a � consulter et parfois
s�journer dans nos urgences d�bord�es.
Le danger actuellement, c'est de jouer la fille de
Michel de l'autre jour et de dire que l'on peut en faire plus si on y met le
prix.
Il est reconnu que les m�decins d'urgence ont une
tol�rance au risque plus �lev�e que la majorit� de leurs confr�res, ainsi qu'une
vessie plus �lastique et un estomac plus contractile. Lorsque l'on s'interroge
sur la d�sertion des urgences, il ne faut pas questionner les m�decins qui font
encore de l'urgence et qui acceptent ce niveau de risque, il faut questionner
ceux qui ont cess� de faire de l'urgence. C'est alors que l'on d�couvre qu'outre
les horaires tr�s ingrats, plusieurs bons m�decins n'�taient tout simplement
plus capable de supporter la pression. Sans compter qu'en vieillissant, la
vessie se contracte, l'estomac se dilate, et que le coeur risque de s'ass�cher
si la conscience ne se pose jamais de questions.
C�t� r�mun�ration, dans des conditions de travail
normales, avec le temps de manger, satisfaires les autres besoins de base, etc.
je pr�f�re de loin travailler de jour � l'urgence et r�f�rer mes cas de
d�pression au psy que d'avoir � suivre le d�prim� au bureau. J'accepterais une
r�mun�ration comparable au m�decin de bureau (ou de SRV, mais c'est
peut-�tre ce dernier qui devrait �tre coup� pour mieux r�partir la
masse). Demander une r�mun�ration sup�rieure sous pr�texte que nos conditions de
travail sont "d�gueulasses" est de se tirer une balle dans la t�te et accepter
ces conditions � vie.
Les heures ingrates (soir pass� 20:00, nuits, fins
de semaines, f�ri�s) devraient subir une majoration importante. No�l devrait
�tre r�mun�r� � au moins 150%. Les pourcentages de majoration devraient
s'appliquer autant aux forfaits qu'aux actes.
Ainsi, on ne sortirait pas n�cessairement les
m�decins des bureaux de consultation le jour, mais inciterait certains � faire
un petit plus, r�parti sur une plus grande masse.
La r�mun�ration globale du m�decin d'urgence serait
am�lior�e de fa�on significative et comp�titive.
Les forfaits est la seule mesure jusqu'� maintenant
qui a permis aux urgences lourdes de s'approcher des urgences � haut d�bit au
niveau de leur r�mun�ration. Et quand je dis approcher, on est encore loin de
l'�quilibre. Favoriser la r�mun�ration � l'acte pur en augmentant uniquement les
tarifs des actes est revenir pr�s de 10 ans en arri�re � mon avis et faire fuir
d'autres m�decins des urgences lourdes. Si on bonifie le tarif de l'acte d'un
certain pourcentage, il faudrait bonifier les forfaits du m�me pourcentage, ou
ne bonifier carr�ment que les forfaits.
Il faut aussi s'attaquer aux restrictions pu�riles
dans le nombre de forfaits que n'ont pas � vivre les m�decins de SRV ou
d'urgences uniquement � l'acte. Il existe d'autres moyens de s'assurer que
les heures charg�es ont �t� travaill�es, comme la RAMQ peut v�rifier si vous
avez vraiment vu les patients que vous facturez. Les m�decins en sant� publique,
CLSC, etc. travaillent � l'heure et n'ont pas en g�n�ral des limitations
similaires.
Les PREM doivent aussi �tre revus. Il arrive
parfois que 2 m�decins accepteraient d'effectuer une demi-t�che, mais que l'on
en trouve aucun pour une t�che compl�te. Comme n'en prendre qu'un seul �
demi-temps occupe un poste complet, on se prive souvent de bons
candidats.
Je vais me coucher.
Pierre Beaupr�
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