Title: Ma vision de la situation

Si je comprends bien, c’est mieux que je me porte volontaire pour aller faire du d�panage � Jonqui�re que je me fasse dire d’aller faire du d�pannage � Jonqui�re. C’est mieux que je travaille dans une urgence afonctionnelle que de me faire dire de travailler dans une urgence afonctionnelle. C’est mieux que je me tire dans le pied que de me faire tirer dans le pied. Je pourrais essayer au moins de me viser le petit orteil.

Enfin…Quelle n�gociation quand m�me.

 

MC

 

-----Original Message-----
From: [EMAIL PROTECTED] [mailto:[EMAIL PROTECTED]] On Behalf Of Claude Rivard
Sent: 19 novembre, 2002 08:40
To: URG-L Mailing List
Subject: URG-L: Ma vision de la situation

 

Beaucoup de m�decins m’ont contact� pour me parler de la situation actuelle
MSSS-FMOQ, voici ce qui pourrait arriver selon diff�rents sc�narios.

Le “meilleur” sc�nario:

Le renouvellement de l’entente g�n�rale est accept�e par la majorit� des d�l�gu�s
Des diff�rentes associations de la FMOQ, ce qui veut dire que tous les m�decins
Membres de la FMOQ sont capables de vivre avec ce qui est �crit dans la loi 142.
Y compris l’article 11 de la loi.  Ce qui rend toute id�e de “contestation” difficile
Par la FMOQ.

L’acceptation d’une entente g�n�rale MSSS-FMOQ est obligatoire avant que tout
projet de jumelage puisse d�buter.

La lettre d’entente sur le jumelage est utilis�e par plusieurs h�pitaux ou groupes
de m�decins (d�panneurs) pour pouvoir aider les h�pitaux en difficult�s de recru-
tement et faire en sorte que nous puissions avoir une couverture compl�te de toutes
les urgences au Qu�bec.

Les meilleurs salaires donn�s pour le travail plus lourd (hospitalier et client�le �g�e)
dans l’entente g�n�rale renouvel�e, permettent � des m�decins de pouvoir retourner
� ces pratiques en manque d’effectifs et rendent le jumelage moins n�cessaire.
Les AMP et PREM pourront aussi �tre des incitatifs si ils sont maintenus.

On esp�re que l’effet net de l’implication m�dicale dans une couverture des soins
pourra fournir � nos repr�sentants les arguments n�cessaires pour pouvoir retirer
toutes mesures coercitives (article 11 du projet de loi 142 compris!) dans la gestion
de la couverture m�dicale dans le futur.

Les salaires consentis aux chefs de d�partement de m�decine g�n�rale et urgence
permettent � ces m�decins de pouvoir lib�rer du temps de travail pour faire l’analyse
des facteurs locaux contribuant � la d�gradation des conditions de travail (manques
d’infirmi�res, de travailleurs sociaux, de ressources sp�cialis�es ou de lits de soins
de longues dur�e, etc...)

Une fois ces dossiers mont�s, des repr�sentations cr�dibles (bas�es sur des chiffres)
peuvent �tre faites aupr�s des R�gies r�gionales concern�es, avec l’appui du Coll�ge
des M�decins et nos syndicats respectifs, pour faire en sorte que les probl�mes per�us
soient solutionn�s au niveau des conditions de travail des m�decins.

Des soins ad�quats seront offerts � peu pr�s partout au Qu�bec avec un minimum de
probl�mes pour la population et les m�decins auront encore une certaine autonomie
professionnelle.  Une partie de leur travail devra alors �tre ax�e sur les revendications
concernant les conditions de travail.

Le “pire” sc�nario:

La reconduite de l’entente g�n�rale ne se fait pas � cause des �l�ments coercitifs
qui restent dans la loi 142 ou du maintien de la loi 114 et le gouvernement �tablit
alors une r�glementation par d�cret.  Les omnipraticiens d�cident de confronter le
gouvernement
avec leur confr�res sp�cialistes. Toutes les augmentations
accord�es
pour le travail lourd sont �limin�es, sauf le “gros” 2% d’augmentation
accord� � toute la fonction publique.  L’attrition en m�decine “lourde” continue.  

Le jumelage est refus� pour le
CHPB et le CHCM et aucun autre groupe de
m�decins ne d�cident de l’utiliser.  Des trous dans les listes de gardes d’autres
h�pitaux sont maintenant rapport�s r�guli�rement, for�ant le gouvernement �
maintenir la loi 114 et/ou des �l�ments coercitifs dans la loi 142, le tout au nom
de son obligation de maintien des soins d’urgence � la population.

Les m�decins, �coeur�s, contestent l�galement la loi 142 (contestation qui va
faire vivre leurs confr�res avocats durant un maudit bon bout de temps et qui
ne r�glera finalement rien).  D’autres, encore plus �coeur�s, d�cident de changer
de pratique ou d�m�nagent ailleurs en Am�rique.  Les jeunes m�decins sont
les premiers � s’en aller et cette saign�e dans notre rel�ve d�courage
encore plus les m�decins qui restent.

Le gouvernement (peu importe qui sera au pouvoir) devra alors r�glementer
encore plus la pratique m�dicale, on assistera � la fonctionnarisation de notre
pratique, avec ce que cela implique de gaspillage, perte de productivit�,  
manque d’initiative et incapacit� � pouvoir s’adapter aux changements.
La loi 114 est reconduite apr�s le 31 d�cembre et les fonctionnaires des
R�gies r�gionales continuent de l’appliquer comme ils l’ont si bien fait dans
les derniers mois.

Les co�ts et d�lais associ�s avec la transformation des m�decins en “cols verts”
am�neront une diminution dans la qualit� des soins � la population pour une
plus longue p�riode et aucun n’effort ne pourra �tre fait pour l’am�lioration
de la qualit� des soins par les m�decins, devenus des “ronds de cuir” comme
les autres, pay�s pour faire leur job dans des conditions de travail d�cid�es par
le gouvernement.

Dans les deux cas, un jour, la population aura des services ad�quats.
Pour ce qui est du “pire” sc�nario, ce sera dans 6-8 ans.
Pour ce qui est du “meilleur” sc�nario, ce sera dans environ 2 ans.
J’aimerais mieux faire en sorte que nous puissions encore avoir une voix dans
l’organisation de ces soins plut�t que de se les faire imposer par des bureaucrates
qui nous ont prouv�s maintes et maintes fois qu’ils n’y connaissent rien.

Voil� pour mon petit grain de sel...
--
Claude
Rivard, md
Chef du D�partement de M�decine d'Urgence
CH Pierre-Boucher,
Longueuil, Qc
[EMAIL PROTECTED]

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