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Ton "meilleur scenario" n'est-il pas un peu trop
optimiste?
Non que je ne sois pas capable d'imaginer ce que tu d�cris
(on aurait presque envie d'y �tre d�j�,tellement ce que tu d�cris a l'air
idyllique)...mais bon.
Primo,l'actuelle situation et le r�cent recours � la
l�gislation en rafale pour tenter d'apporter une solution durable � des
probl�mes complexes et r�currents prouve bien une chose:c'est que
rien de ce qui se d�cide aujourd'hui n'est coul� dans le b�ton,justement.Que les
choses peuvent changer dr�lement vite,sans pr�avis,et que l'entente du mardi
soir peut �tre caduque le mercredi matin,advenant par exemple d'orientation
politique ou simplement un changement de ministre.On a eu le 70% pendant 3
ans,ensuite on a eu les AMP 10 ans...et maintenant on a les AMP 20 ans.On
continue finalement d'appliquer un processus coercitif qui,ma foi,est loin
d'avoir fait ses preuves,surtout dans le contexte actuel de p�nurie absolue ou
relative de la main-d'oeuvre m�dicale.Les lois ne cr�ent pas de m�decins,elles
ne font que les re-distribuer et on finit toujours par d�shabiller Paul pour
habiller Pierre.Toujours.Et on cr�e,en plus,un climat de doute et de
non-confiance qui am�ne rarement � la stabilit�.
Secundo,la gestion de la sant� est difficile.Compliqu�e.Le
facteur humain est tr�s important.Personne ne peut vraiment � ce stade pr�dire
l'effet que les r�cents chambardements auront sur l'orientation des
individus.Certes,la plupart des m�decins resteront o� ils sont,finalement et
apr�s bien du questionnement.Les jeunes m�decins s'habitueront � pratiquer dans
un syst�me o� les AMP dureront 20 ans,tout comme ils se sont habitu�s �
pratiquer dans un syst�me o� elles duraient 10 ans.Mais n'emp�che.On ne peut que
sp�culer.Si une tendance se dessine � l'effet qu'un nombre surprenant de jeunes
m�decins d�cident "l'opting-out" � savoir le travail au rabais en �change de la
libert� de pratique...les probl�mes de r�partition des effectifs ne se r�gleront
peut-�tre pas en deux ans.Le 30% sur trois ans n'a pas,� ce que je sache,pouss�s
tous les jeunes m�decins en r�gion.On sp�cule,mais on ne sait pas ce qui se
passera.Donc...r�gler les probl�mes de r�partition des effectifs dans deux ans?
Permets-moi de douter...(Et,en passant, y a-t-il v�ritablement un probl�me de
r�partition des effectifs,ou un probl�me d'effectifs tout court? Parce que si on
parle d'un probl�me d'effectifs tout court,absolu(nombre de m�decins) ou relatif
(nombre d'heures que lesdits m�decins consacrent � la pratique)...on proc�de
d'une dr�le de fa�on pour le "r�gler"...)
Tertio,le "contr�le" fonctionnaire(avez-vous pens�s ce que
�a prendra de travail cl�rical pour g�rer la g�rance???Ca laisse
r�veur...) sera tellement pr�pond�rant qu'on ne peut que s'attendre � des
cafouillages,sans compter les innombrables "exceptions" qui risquent de poindre
leur nez ici et l�.Pensons juste aux "exceptions" n�es de l'application du
d�cret punitif.Y'a de quoi r�fl�chir...Tout est toujours beau sur
papier...Prendre le chemin de la l�gislation est un chemin pi�g�,car les lois
g�n�rent...d'autres lois ou d'autres r�glements.Pour contrer ou contenir
les effets pervers des lois ou r�glements pr�c�dents.Tout �a peut devenir
hyper-compliqu�.
Quatro,la loi 142,m�me si appliqu�e de mani�re parfaite,ne
r�glera pas d'autres probl�mes qui affligent notre r�seau:bureaucratisation �
outrance (l�,�a ne va pas all�ger...�a va alourdir car �a va en prendre du monde
pour g�rer tous ces turbulents docteurs),p�nurie de personnel
nursing,organisation v�tuste de certains �tablissements,listes d'attente de
toutes sortes.Le patient en r�gion pourra certes voir un orthop�diste plus
vite...mais il ne sera pas op�r� plus vite.Les m�decins ne gu�rissent
malheureusement pas les gens par imposition des mains.La m�decine �volue,les
investigations et les suivis deviennent plus complexes,n�c�ssitent souvent des
examens divers...Les petits probl�mes pourront certes �tres r�gl�s plus
vite.Mais les gros? On parle actuellement toujours d'accessibilit� � un
m�decin:d'urgence,de famille ou sp�cialiste.Les dispositions de la loi am�neront
une meilleure r�partition des m�decins (dit-on).Mais que se passera-t-il APR�S
que le patient aura effectivement eu acc�s au docteur en question? Aura-t-il ses
tests plus vite?Sera-t-il op�r� plus vite?Ou se retrouvera-t-il dans une vaste
salle d'attente � laquelle il aura simplement acc�d� plus rapidement?Je vous
disais r�cemment que les r�gions �loign�es ne sont pas toujours celles que l'on
pense...je le crois toujours.A certains �gards.
Bref,loi 142 ou pas,je ne crois pas que le "meilleur
scenario" sera aussi "meilleur" que tu nous le d�cris.Je
l'esp�re,honn�tement,mais j'en doute.Plus sp�cifiquement,et � court terme,il y
aura sans doute plus de monde qui viendront pratiquer � l'urgence et y
d�veloppera des comp�tences.Tant mieux.C'est,apr�s tout,la crise des urgences
qui a servi de moteur (ou de pr�texte?)� la loi 114 et maintenant � sa grande
soeur la loi 142.Logique que �a soit l� que les probl�mes d'effectifs se r�glent
le plus rapidement.Mais il y a tout le reste...l'amont et l'aval.Qui sont,� ce
jour,une des principales raisons de la congestion des salles d'urgence,cette
congestion �tant elle-m�me une des principales causes d'attrition des docteurs
qui y travaillent...
Le gros pansement sur la plaie cache bien la gagr�ne.Mais
elle ne l'emp�che pas d'�voluer.
La loi 142 est un peu trop pr�sent�e � la population comme
celle qui r�glera "tout" dans le syst�me de sant�.On a tellement focus�
l�-dessus qu'on en a oubli� tout le reste.Ce "reste" n'en a pas pour autant
disparu.
Bref je ne suis pas totalement pessimiste,mais je ne
partage pas non plus n�c�ssairement ton bel optimisme.
C.
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Title: Ma vision de la situation
- URG-L: Ma vision de la situation Claude Rivard
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- URG-L: RE : URG-L: RAMQ gresim
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