Title: Ma vision de la situation
J'adore ton �conomie de mots,Martin.Tu r�sumes en quelques phrases ce que j'�labore sur quatre paragraphes...pour dire (� peu de choses pr�s) la m�me chose.
 
C.
----- Original Message -----
Sent: Tuesday, November 19, 2002 8:56 AM
Subject: URG-L: Ma vision de la situation

Si je comprends bien, c�est mieux que je me porte volontaire pour aller faire du d�panage � Jonqui�re que je me fasse dire d�aller faire du d�pannage � Jonqui�re. C�est mieux que je travaille dans une urgence afonctionnelle que de me faire dire de travailler dans une urgence afonctionnelle. C�est mieux que je me tire dans le pied que de me faire tirer dans le pied. Je pourrais essayer au moins de me viser le petit orteil.

Enfin�Quelle n�gociation quand m�me.

 

MC

 

-----Original Message-----
From: [EMAIL PROTECTED] [mailto:[EMAIL PROTECTED]] On Behalf Of Claude Rivard
Sent: 19 novembre, 2002 08:40
To: URG-L Mailing List
Subject: URG-L: Ma vision de la situation

 

Beaucoup de m�decins m�ont contact� pour me parler de la situation actuelle
MSSS-FMOQ, voici ce qui pourrait arriver selon diff�rents sc�narios.

Le �meilleur� sc�nario:

Le renouvellement de l�entente g�n�rale est accept�e par la majorit� des d�l�gu�s
Des diff�rentes associations de la FMOQ, ce qui veut dire que tous les m�decins
Membres de la FMOQ sont capables de vivre avec ce qui est �crit dans la loi 142.
Y compris l�article 11 de la loi.  Ce qui rend toute id�e de �contestation� difficile
Par la FMOQ.

L�acceptation d�une entente g�n�rale MSSS-FMOQ est obligatoire avant que tout
projet de jumelage puisse d�buter.

La lettre d�entente sur le jumelage est utilis�e par plusieurs h�pitaux ou groupes
de m�decins (d�panneurs) pour pouvoir aider les h�pitaux en difficult�s de recru-
tement et faire en sorte que nous puissions avoir une couverture compl�te de toutes
les urgences au Qu�bec.

Les meilleurs salaires donn�s pour le travail plus lourd (hospitalier et client�le �g�e)
dans l�entente g�n�rale renouvel�e, permettent � des m�decins de pouvoir retourner
� ces pratiques en manque d�effectifs et rendent le jumelage moins n�cessaire.
Les AMP et PREM pourront aussi �tre des incitatifs si ils sont maintenus.

On esp�re que l�effet net de l�implication m�dicale dans une couverture des soins
pourra fournir � nos repr�sentants les arguments n�cessaires pour pouvoir retirer
toutes mesures coercitives (article 11 du projet de loi 142 compris!) dans la gestion
de la couverture m�dicale dans le futur.

Les salaires consentis aux chefs de d�partement de m�decine g�n�rale et urgence
permettent � ces m�decins de pouvoir lib�rer du temps de travail pour faire l�analyse
des facteurs locaux contribuant � la d�gradation des conditions de travail (manques
d�infirmi�res, de travailleurs sociaux, de ressources sp�cialis�es ou de lits de soins
de longues dur�e, etc...)

Une fois ces dossiers mont�s, des repr�sentations cr�dibles (bas�es sur des chiffres)
peuvent �tre faites aupr�s des R�gies r�gionales concern�es, avec l�appui du Coll�ge
des M�decins et nos syndicats respectifs, pour faire en sorte que les probl�mes per�us
soient solutionn�s au niveau des conditions de travail des m�decins.

Des soins ad�quats seront offerts � peu pr�s partout au Qu�bec avec un minimum de
probl�mes pour la population et les m�decins auront encore une certaine autonomie
professionnelle.  Une partie de leur travail devra alors �tre ax�e sur les revendications
concernant les conditions de travail.

Le �pire� sc�nario:

La reconduite de l�entente g�n�rale ne se fait pas � cause des �l�ments coercitifs
qui restent dans la loi 142 ou du maintien de la loi 114 et le gouvernement �tablit
alors une r�glementation par d�cret.  Les omnipraticiens d�cident de confronter le
gouvernement
avec leur confr�res sp�cialistes. Toutes les augmentations
accord�es
pour le travail lourd sont �limin�es, sauf le �gros� 2% d�augmentation
accord� � toute la fonction publique.  L�attrition en m�decine �lourde� continue.  

Le jumelage est refus� pour le
CHPB et le CHCM et aucun autre groupe de
m�decins ne d�cident de l�utiliser.  Des trous dans les listes de gardes d�autres
h�pitaux sont maintenant rapport�s r�guli�rement, for�ant le gouvernement �
maintenir la loi 114 et/ou des �l�ments coercitifs dans la loi 142, le tout au nom
de son obligation de maintien des soins d�urgence � la population.

Les m�decins, �coeur�s, contestent l�galement la loi 142 (contestation qui va
faire vivre leurs confr�res avocats durant un maudit bon bout de temps et qui
ne r�glera finalement rien).  D�autres, encore plus �coeur�s, d�cident de changer
de pratique ou d�m�nagent ailleurs en Am�rique.  Les jeunes m�decins sont
les premiers � s�en aller et cette saign�e dans notre rel�ve d�courage
encore plus les m�decins qui restent.

Le gouvernement (peu importe qui sera au pouvoir) devra alors r�glementer
encore plus la pratique m�dicale, on assistera � la fonctionnarisation de notre
pratique, avec ce que cela implique de gaspillage, perte de productivit�,  
manque d�initiative et incapacit� � pouvoir s�adapter aux changements.
La loi 114 est reconduite apr�s le 31 d�cembre et les fonctionnaires des
R�gies r�gionales continuent de l�appliquer comme ils l�ont si bien fait dans
les derniers mois.

Les co�ts et d�lais associ�s avec la transformation des m�decins en �cols verts�
am�neront une diminution dans la qualit� des soins � la population pour une
plus longue p�riode et aucun n�effort ne pourra �tre fait pour l�am�lioration
de la qualit� des soins par les m�decins, devenus des �ronds de cuir� comme
les autres, pay�s pour faire leur job dans des conditions de travail d�cid�es par
le gouvernement.

Dans les deux cas, un jour, la population aura des services ad�quats.
Pour ce qui est du �pire� sc�nario, ce sera dans 6-8 ans.
Pour ce qui est du �meilleur� sc�nario, ce sera dans environ 2 ans.
J�aimerais mieux faire en sorte que nous puissions encore avoir une voix dans
l�organisation de ces soins plut�t que de se les faire imposer par des bureaucrates
qui nous ont prouv�s maintes et maintes fois qu�ils n�y connaissent rien.

Voil� pour mon petit grain de sel...
--
Claude
Rivard, md
Chef du D�partement de M�decine d'Urgence
CH Pierre-Boucher,
Longueuil, Qc
[EMAIL PROTECTED]

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