Difficile de comparer ton urgence avec une urgence générale,Alain.Ton
urgence est spcéialisée,avec des infirmières spécialisées,et des cas
spécifiques.Développer des protocoles de triage dans ce contexte est
vraisemblablement plus "facile" que dans une urgence générale.

Du moins je pense.Peut-être à tort.

C

***

Je ne vois pas. C'est justement dans une urgence générale, avec toute la
variété des conditions, qu'un support organisé et systématique à des soins
préévaluation médicale est utile et applicable.

1) Trauma à la cheville: Glace, Immobilisation temporaire, Acetaminophène ou
autre, Radio selon Ottawa
2) Symptômes d'infx urinaire: A + C urine, Aceta
3) Température chez l'enfant: Aceta 15 mg/kg, Réévaluation demandée dans 2
heures
4) Douleur abdominale haute continue: Bilan hépatique, FSC, etc.
5) Protocole d'opiacés comme dans beaucoup de centres

IL y a beaucoup de possibilités. L'idée est une systématisation des soins,
supportée par un outil (chez nous informatique, ailleurs papier) permettant
d'appliquer un cadre de soins à des situations spécifiques.

Et on parle du triage, mais le tout est encore plus intéressant pour les
patients vus par le médecin: examinez bien vos protocoles: s'il font plus de
20 lignes, essayer de voir qui les connait bien et quelle nouvelle
infirmière peut en saisir la portée. Nous avons fait le test: c'est
impossible. Et nous n'évaluons pas vraiment leur application, du moins pas
de façon rigoureuse. 

Ce travail a complètement changé ma perception des protocoles et les
modalités d'utilisation requises: il faut un support informatique clinique
pour bien appliquer un protocole complexe et surtout pour pouvoir le
moindrement en arriver à une évaluation intelligente de leur application. 

Une angioplastie primaire chez nous implique un séjour de 10 - 15 minutes en
salle de choc pendant laquelle nous appliquons de front 3 protocoles,
démarrons 2 ou 3 perfusions, donnons 4-5 médicaments, installons 2 voies IV,
etc. Tu vois ça faire cela avec du papier et surtout, évaluer cela ensuite?
Impossible. 

Je pense de plus en plus qu'une partie de nos problèmes est une question de
l'absence d'outils pour bien travailler et de non-évaluation de la qualité.
Je pense par exemple aux pratiques des comités de l'acte des CMDP:
laborieux, impact marginal, parce que le gros du travail est fait sur des
données fragmentaires, très difficiles à extraire, ambiguës, ne permettant
que d'aboutir à des conclusions molles et ayant en tout peu d'impact.
Pourtant, il existe des normes de soins et si certaines d'entre elles ne
sont pas respectées, elles ont peut-être des impacts négatifs sur un paquet
de choses, de la durée de séjour à la mortalité. Or, comment évaluons-nous
tout cela? Très peu, à peu près, ponctuellement, alors que nous devrions
cibler les conditions et les clientèles à risque, évaluer le plus
précisément possible et tirer des conclusions solides qui devraient nous
permettre soit de changer nos pratiques, soit de changer nos normes (si
elles n'ont pas d'impact).

A mon avis, nous n'en sommes qu'au début de telles approches spécifiquement
orientées vers la qualité, et les outils pour y arriver avec efficacité
commencent à peine à voir le jour. Mais c'est tout le défi des prochaines
années.

Diable!!! Je dérive pas mal des protocoles au triage!  Mais c'est lié.

Ajouter un ECG au triage est-il bon ou mauvais pour le patient? Ça devrait
pouvoir se mesurer: délais avant/après thrombolyse des patients en IM, par
exemple. Ça devrait être tout simple à évaluer. La game se joue là à mon
avis.

Alain

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