Nous avons des protocoles mais c'est difficile de faire accepter de nouveaux protocoles. Aussi, les infirmières ne sont plus aussi 'expérimentées' avec tous les départs à la retraite et les nombreuses infirmières d'agence (qui sont souvent excellentes mais qui ne peuvent pas connaitre tous les protocoles spécifiques à chaque milieu où elles travaillent). En ce qui concerne les DRS et ECG, nous avons fait une étude de la qualité de l'acte et le facteur qui allongeait le plus le temps de door-to-needle était le temps d'avoir l'ECG. Nous faisons donc des ECG au triage régulièrement mais avec toujours le but suivant: déterminer si le patient avec DRS nécessite une thrombolyse ou dépister une arythmie chez un patient qui présente des palpitations. Je ne veux pas que les infirmières utilisent l'ECG pour déterminer si le patient peut retourner dans la salle d'attente ou non (sauf pour les patients qui palpitent mais qui ont un rythme sinusal normal). Nous avons des protocoles (en voie d'être acceptés par le CMDP mais qui sont en application depuis belle lurette) de bilans (incluant l'ECG) pour les patients installés sur civière. Nous ne donnons plus de narcotiques dans la salle d'attente (c'est contre-productif selon moi) mais nous avons des protocoles de soulagement de la douleur via d'autres modalités: tylénol, glace, etc... Idem pour la fièvre (mais pourquoi réévaluer la température 2 heures après??). Aussi, j'ai travaillé sur des protocoles de retrait de planche spinale et collet cervical mais ils ne sont pas encore en application et j'ai bien peur que ça effraie bien du monde. Pourtant, on a régulièrement des patients qui viennent des centres de ski et qui nous disent avoir accepté planche et collet parce qu'on leur a dit qu'ils passeraient plus vite (et ils ont raison). Alors, un beau samedi d'hiver, ne vous présentez pas à notre urgence sur pieds pour un autre problème, les 'traumas' prennent toute la place (même s'ils n'ont qu'une blessure 'mineure' à un membre).

Enfin, nous avons opté pour un triage rapide (5 mins) sans attente donc l'infirmière du triage n'a en général pas le temps d'appliquer tous ces protocoles mais au moins, les patients sont évalués rapidement et réévalués lorsque nécessaire (je suis allée 'incognito' à Ste-Justine l'an dernier avec mon fils et nous avons attendu plus de 2 heures avant de passer au triage..... de quoi avoir le temps de compliquer dans la salle d'attente.....). Je suppose que la conduite au triage dépend de l'achalandage des urgences et du personnel sur place (on a en général 2-3 infirmières au triage par shift et elles ne fournissent pas).

p.s. une annonce de C Difficile dans un hôpital ça soulage une urgence mais détourner les ambulances s'est aussi très efficace.... Qualinet, quel beau travail!!! Quel bonheur de travailler en respirant un peu! La vie recommence demain cependant......

À bientôt!

Julie Boyer
----- Original Message ----- From: "Catherine Bich" <[EMAIL PROTECTED]>
To: <[email protected]>
Sent: Friday, February 23, 2007 5:12 PM
Subject: URG-L: protocoles de triage avance


Ben dis donc.T'as tout à fait raison.Je vais continuer de lancer des pavés
dans la mare,question d'avoir à nouveau le plaisir de lire une belle
diatribe comme celle-là...

Ciao

C.

-----Message d'origine-----
De : [email protected] [mailto:[EMAIL PROTECTED] De la part de Alain
Vadeboncoeur
Envoyé : 23 février 2007 11:30
À : [email protected]
Objet : URG-L: protocoles de triage avance

Difficile de comparer ton urgence avec une urgence générale,Alain.Ton
urgence est spcéialisée,avec des infirmières spécialisées,et des cas
spécifiques.Développer des protocoles de triage dans ce contexte est
vraisemblablement plus "facile" que dans une urgence générale.

Du moins je pense.Peut-être à tort.

C

***

Je ne vois pas. C'est justement dans une urgence générale, avec toute la
variété des conditions, qu'un support organisé et systématique à des soins
préévaluation médicale est utile et applicable.

1) Trauma à la cheville: Glace, Immobilisation temporaire, Acetaminophène ou
autre, Radio selon Ottawa
2) Symptômes d'infx urinaire: A + C urine, Aceta
3) Température chez l'enfant: Aceta 15 mg/kg, Réévaluation demandée dans 2
heures
4) Douleur abdominale haute continue: Bilan hépatique, FSC, etc.
5) Protocole d'opiacés comme dans beaucoup de centres

IL y a beaucoup de possibilités. L'idée est une systématisation des soins,
supportée par un outil (chez nous informatique, ailleurs papier) permettant
d'appliquer un cadre de soins à des situations spécifiques.

Et on parle du triage, mais le tout est encore plus intéressant pour les
patients vus par le médecin: examinez bien vos protocoles: s'il font plus de
20 lignes, essayer de voir qui les connait bien et quelle nouvelle
infirmière peut en saisir la portée. Nous avons fait le test: c'est
impossible. Et nous n'évaluons pas vraiment leur application, du moins pas
de façon rigoureuse.

Ce travail a complètement changé ma perception des protocoles et les
modalités d'utilisation requises: il faut un support informatique clinique
pour bien appliquer un protocole complexe et surtout pour pouvoir le
moindrement en arriver à une évaluation intelligente de leur application.

Une angioplastie primaire chez nous implique un séjour de 10 - 15 minutes en
salle de choc pendant laquelle nous appliquons de front 3 protocoles,
démarrons 2 ou 3 perfusions, donnons 4-5 médicaments, installons 2 voies IV,
etc. Tu vois ça faire cela avec du papier et surtout, évaluer cela ensuite?
Impossible.

Je pense de plus en plus qu'une partie de nos problèmes est une question de
l'absence d'outils pour bien travailler et de non-évaluation de la qualité.
Je pense par exemple aux pratiques des comités de l'acte des CMDP:
laborieux, impact marginal, parce que le gros du travail est fait sur des
données fragmentaires, très difficiles à extraire, ambiguës, ne permettant
que d'aboutir à des conclusions molles et ayant en tout peu d'impact.
Pourtant, il existe des normes de soins et si certaines d'entre elles ne
sont pas respectées, elles ont peut-être des impacts négatifs sur un paquet
de choses, de la durée de séjour à la mortalité. Or, comment évaluons-nous
tout cela? Très peu, à peu près, ponctuellement, alors que nous devrions
cibler les conditions et les clientèles à risque, évaluer le plus
précisément possible et tirer des conclusions solides qui devraient nous
permettre soit de changer nos pratiques, soit de changer nos normes (si
elles n'ont pas d'impact).

A mon avis, nous n'en sommes qu'au début de telles approches spécifiquement
orientées vers la qualité, et les outils pour y arriver avec efficacité
commencent à peine à voir le jour. Mais c'est tout le défi des prochaines
années.

Diable!!! Je dérive pas mal des protocoles au triage!  Mais c'est lié.

Ajouter un ECG au triage est-il bon ou mauvais pour le patient? Ça devrait
pouvoir se mesurer: délais avant/après thrombolyse des patients en IM, par
exemple. Ça devrait être tout simple à évaluer. La game se joue là à mon
avis.

Alain

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