Le Mercredi 9 Juillet 2003 23:19, nono a �crit :
> Salut, j'ai encore relu ce mail. BRAVO
> j' y apporte aussi quelques correctifs tr�s tr�s tr�s minimes en
> reprenant les phrases entre  "--" .
Voici donc une version revue avec un peu toutes vos propositions dites moi 
ce que vous en pensez (il n'y a toujours aucun �l�ment juridique, peut-�tre 
pourrait-on poser cette question � l'AFUL ?) : 

********* VERSION DU 10/07/2003 � 15H44 UTC *********
Madame, Monsieur le ....

Je tiens � porter � votre connaissance une situation de non application de
 la loi qui aboutit, de fait, � l'instauration d'une situation juridiquement
 inadmissible.

 Les programmes informatiques, y compris les syst�mes d"exploitation
 d'ordinateur, peuvent �tre class�s en deux grandes cat�gories, ceux qui
 sont distribu�s sous licence libre, ceux qui le sont sous licence
 propri�taire restrictive.

 Le code des logiciels libres est disponible et modifiable � loisir par
 l'utilisateur, sans autre obligation que de rendre cette modification elle
 aussi disponible en cas de diffusion de la version modifi�e.
 Bien souvent ces programmes sont gratuits. Il s'agit de programmes de
 qualit� professionnelle, dont certains sont des standards mondialement
 reconnus comme le serveur "web" Apache.

 Le code des logiciels propri�taires est ferm�. Il n'est pas disponible, et
 les tentatives pour l�galiser la brevetabilit� des logiciels pourrait
 rendre ill�gal le simple fait d'essayer de comprendre comment ils
 fonctionnent afin de pouvoir cr�er un ou des programmes libres
 compl�mentaires ou alternatifs.
 Les licences d'exploitation de ces codes propri�taires sont tr�s
 restrictives et bien souvent fort ch�res pour l'utilisateur particuliter
 final. (Le code est le texte �crit dans un langage informatique quelconque 
qui repr�sente la suite d'instructions que doit ex�cuter le programme)

 Le gouvernement semblant souhaiter promouvoir la vente de PC grand
 public, la question se pose de savoir quels syst�mes �quiperont ces 
machines :

 - soit un syst�me d'exploitation propri�taire, et la tendance actuelle
 favorise nettement l'installation de ce type de logiciels.
 Disposer d'une machine pr�sentant des caract�ristiques suffisantes, dans
 les domaines bureautique et Internet, d�bouche donc normalement sur une
 d�pense d'acquisition des licences d'exploitation de logiciels �gale ou
 sup�rieure � celle de la machine... Et plus l'utilisateur d�sire tirer le 
maximum de son mat�riel, plus la note finale du jeu de logiciels utilis�s 
sera �lev�e.

 - soit un syst�me d'exploitation libre (tel que "GNU/Linux"). L'acqu�reur
 dispose alors, en standard et gratuitement, de ce qu'il est coutume
 d'appeler une "distribution". Il s'agit d'un ensemble comprenant le syst�me
 d'exploitation basal accompagn� d'une collection de logiciels (pouvant dans
 certains cas d�passer les 2000) n�cessaires � (ou fort utiles pour)
 l'exploitation maximale des possibilit�s de sa machine.
 Cela sous une licence ne limitant pas le nombre de copies r�alisables par
 l'acqu�reur du produit acquis.

 On peut donc ainsi l�galement copier et �changer entre utilisateurs tout
 programme plac� sous licence libre, ou les installer l�galement sur tous
 les postes d'une famille, par exemple.

 La qualit� technique des solutions libres �tant au moins �gale, voire
 souvent sup�rieure, aux solutions propri�taires, le choix de l'utilisateur
 devrait logiquement pouvoir se porter en masse sur les logiciels libres.

 Or deux ph�nom�nes viennent entraver ce type de d�cision. Ils sont �
 l'origine de cette lettre :

 1) L'utilisateur non sp�ciailiste a le plus grand mal � acqu�rir une
 machine sans syst�me d'exploitation propri�taire pr�-install�.
 M�me s'il ne veut pas utiliser ce syst�me, il se voit dans l'obligation
 d'en acqu�rir la licence d'utilisation, alors qu'il sait qu'il ne
 l'utilisera pas ! Pour les ordinateurs portables la situation est encore
 plus nettement disproportionn�e puisqu'il n'existe (� notre connaissance)
 en France qu'un seul distributeur qui accepte de vendre de telles machines
 sans syst�me d'exploitation pr�-install�.

 Obtenir le remboursement ult�rieur du produit non d�sir� s'av�re en
 pratique impossible. La chose est rendue tellement difficile que les plus
 motiv�s y renoncent. Il s'agit d'une situation de vente forc�e, en principe
 formellement interdite par la loi.
 Ces logiciels pr�-install�s sur machine sont souvent inclus dans leur prix
 de vente pour une valeur moindre que leur version "commerciale en boite",
 mais les mises � jour ult�rieures, quasi-impos�es par les �diteurs pour des
 motifs d'inter-compatibilit� de la gamme des logiciels utilis�s, seront,
 elles, payables au prix fort.

 2) Il circule beaucoup de copies pirates de ces syst�mes d'exploitation
 et des principaux logiciels propri�taires. Bien que totalement ill�gale,
 leur utilisation est massive, et a pendant longtemps �t� en pratique 
tol�r�e par les
 propri�taires de ces logiciels, en vue de barrer le march� � d'�ventuels
 concurrents. De ce fait la confusion s'est introduite dans l'esprit des
 utilisateurs : ils ne voient pas la diff�rence entre utiliser un produit
 propri�taire qu'ils n'ont pas pay�, acte ill�gal, et utiliser un logiciel
 libre, dont la distribution gratuite est l�gale.
Ainsi, l'utilisateur non sp�cialiste se trouve souvent en possession de
plusieurs centaines d'euros de programmes ill�gaux sur sa machine.

Tout se passe comme si cette utilisation �tait accept�e puisque la loi sur
les copies ill�gales n'est pratiquement jamais appliqu�e aux particuliers.
Les �diteurs de logiciels propri�taires, jouant ainsi sur les deux
tableaux, ferment les yeux sur ce piratage pour habituer les utilisateurs �
leurs produits. Et rien ne les emp�che de se r�server � tout moment la
possibilit� de r�clamer une application stricte de la loi, en particulier
dans les entreprises o� le laxisme et les mauvaises habitudes individuelles
peuvent favoriser des situations tr�s juteuses pour un �diteur de logiciels:
un simple constat d'huissier pouvant apporter mati�re � tr�s forte 
indemnisation pour fraude!
De son c�t�, le logiciel libre ne mettra jamais ses utilisateurs dans une 
telle situation puisqu'il n'a jamais de royalties � r�cup�rer.

Il y a donc pour toutes ces raisons une distorsion de concurrence
indiscutable qui s'ajoute � un quasi ran�onnement de la client�le par les
 �diteurs de logiciels propri�taires.

 Moi, citoyen fran�ais et europ�en, utilisateur de logiciels libres, je
 demande donc qu'une application stricte de la loi soit d�cid�e concernant
 les copies pirates (utilisation sans licence) de logiciels propri�taires, y
 compris aux particuliers, avec une large publicit� faite � cette
 application stricte. Seule cette disposition permettra au client final de
 r�ellement prendre conscience des termes de l'alternative :
 - acqu�rir un produit propri�taire payant, ferm� et cher,
 - acqu�rir un produit libre ouvert et, le plus souvent, gratuit ou � prix
 minime.

 Je demande, en outre, que soit appliqu�e strictement la loi sur
 l'interdiction des ventes li�es, et que la vente des produits informatiques
 redevienne une vente normale, o� le client paie ce qu'il d�cide d'acqu�rir,
 soit une machine s'il en veut une, avec ou sans annexes de type �cran,
 imprimante etc..., munie ou non d'accessoires comme les lecteurs divers de
 CD, de DVD et autres, et �quip�e � sa demande des logiciels syst�mes et
 accessoires dont il souhaitera faire usage, �tant entendu que les ventes
 group�es, promotionnelles, avec ou sans lib�ralit�s du fournisseur
 resteront possibles sans jamais revenir au syst�me actuel o� le client n'a
 aucune possibilit� de n�gocier la composition de son acquisition de base.

 On remarquera, enfin, que les logiciels propri�taires sont � plus de 90%
 des produits venant des USA, en langue �trang�re, alors que les produits
 libres sont de toutes provenances, y compris europ�enne voire
 fran�aise, comme c'est en particulier le cas du syst�me d'exploitation
 libre GNU/Linux de la soci�t� fran�aise MandrakeSoft (une des distributions
 GNU/Linux les plus utilis�es dans le monde).

Le caract�re international du d�veloppement de ces produits a encourag� la 
traduction en de nombreuses langues des interfaces de ces produits et de la 
plupart de la documentation. Ainsi une distribution GNU/Linux peut 
g�n�ralement �tre install�e sur une machine en plus de trente langues 
incluant aussi bien des langues � rayonnement local comme le basque, le 
breton, le catalan ou l'h�breu que les langues les plus universelles comme 
le chinois, l'anglais, l'espagnol ou l'arabe.

 Je demande donc, enfin, que le gouvernement de mon pays fasse bien com-
 prendre aux instances europ�ennes qu'il est d�cid� � ne plus favoriser
 l'implantation de produits informatiques extraeurop�ens ferm�s, rendant 
impossible  tout contr�le de leur contenu, sans aucune garantie que des 
donn�es sensibles ne soient  transmises clandestinement � l'�tranger alors 
qu'elles n'ont rien � y faire, qu'elles soient civiles ou militaires.

 En cons�quence mon pays devrait signifier aux instances europ�ennes qu'il
 d�cide de s'opposer � tout ce qui peut favoriser la situation de quasi
 monopole de certaines maisons d'�dition, et en particulier la brevetabilit�
 des logiciels.

 Esp�rant avoir attir� votre attention sur un aspect fondamental du march�
 de l'informatique o� la libert� du citoyen est bafou�e et le bon
 fonctionnement du march� syst�matiquement ob�r�,
 je vous prie d'agr�er, Madame,Monsieur le ... l'expression de ma grande 
consid�ration, jointe � celle de ma confiance.


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