Je suis aussi d'avis que sans les AMP, les urgences auraient souffert
énormément, et les autres secteurs hospitaliers aussi. Je me souviens
d'avoir subi plusieurs années sans aucun recrutement avant les AMP,
puis la nous avons pu renflouer nos équipes. Il y a 10 ans nous
n'avions que 18 médecins à HMR, nous sommes aujourd'hui 26 pour un PEM
à 30, donc toujours à court. Et en juillet 2008 je vais me retrouver
avec moins de médecins malgré 2 recrues, à cause de l'attrition normale.
Il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain.
Sachez aussi qu'à Montréal la demande pour les CHSGS est à la baisse
pour les nouveaux facturants. Beaucoup des nouveaux médecins ont
manifesté un intérêt pour la pratique en CLSC, plus qu'à l'urgence. La
première ligne est en voie de se renflouer (relativement), malgré que
tous ces nouveaux médecins sont en nombre toujours très insuffisant.
Bernard
Le 07-11-29 à 14:53, Alain Vadeboncoeur a écrit :
Hmmm...
Écoute il y a quoi... quelques années seulement? C'était la crise
dans les CH, à l'hospitalisation, aux soins intensifs, danbs les
urgences... Bref, la médecine hospitalière en prenait pour son
rhume... La situation, pour ce que j'en connais, semble s'être
améliorée un peu. Mais bien sûr, on gère un pénurie, donc qui
habille Jean déshabille Paul ou quelque figure biblique comme cela.
Reste à savoir ce qui est plus problématique: une urgence fermé,
l'impossibilité d'hospitaliser, des soins intensifs non couverts...
ou bien pas de médecin de famille.
Je vous laisse décider.
Alain
From: [email protected] [mailto:[EMAIL PROTECTED] On Behalf Of
Catherine Bich
Sent: 29 novembre 2007 14:41
To: [email protected]
Subject: URG-L: [Pas de sujet]
<image001.gif>
Ci-bas,j’ai fait un copié-collé pour ceux qui ne recoivent pas la
revue de presse de l’AMUQ.
On y décrit,en gros,les effets pervers des AMP qui ont canalisé les
médecins de famille vers les hôpitaux,les faisant du même coup
déserter la pratique en cabinet privé,et le suivi.Peut-être un peu
grossier comme analyse,y’a pas que ca,on pourrait aussi parler de la
tendance générale en médecine,à savoir que le travail y est vu comme
un travail et non un sacerdoce,mais bon.Les AMP ont à y voir aussi.
Pour ceux et celles qui ont vécu les nombreuses lois sur la
répartition,de la première visant la rémunération différenciée à la
baisse des médecins pratiquant en zone urbaine(1984) aux plus
récents étant les PREM et AMP…y’a de quoi sourire.
Jaune.
Je suis heureuse du redressement de la rémunération qui s’est
effectué à l’urgence depuis quelques années.Il était temps,ça a sans
doute gardé des gens comme moi(lire : « des vieux ») à l’urgence et
ça les y gardera jusqu’à la retraite ou peu s’en faut.Si on a «
toughé » jusque là,on y restera.On a de l’expérience,et maintenant
on a un salaire convenable pour ce qu’on fait.Tant qu’on peut avoir
accès à la cafetière…
Mais on n’a pas fini de voir des patients sans médecins de famille…
C.
L'AMUQ est déménagée !
750, boulevard Charest Est, bureau 515
Québec QC G1K 3J7
Vingt ans avant de pouvoir suivre un patient
Louise-Maude Rioux Soucy
Édition du jeudi 29 novembre 2007
Le Devoir
Les activités obligatoires à l'hôpital éloignent les jeunes médecins
des cabinets
Les incitatifs financiers récemment consentis aux médecins de
famille pour les encourager à recentrer leur pratique vers le suivi
et la prise en charge n'auront vraisemblablement que peu d'effets
sur la pénurie qui sévit si durement au Québec, estime l'Association
des jeunes médecins du Québec (AJMQ). Du moins, aussi longtemps que
les jeunes omnipraticiens seront tenus à l'écart de cette pratique
essentielle, explique son président, le Dr François-Pierre Gladu,
qui plaide pour une réforme en profondeur.
Depuis 1993, tous les jeunes médecins sont tenus d'effectuer des
activités médicales particulières, communément appelées les AMP.
Celles-ci les amènent à consacrer au moins 12 heures de leur semaine
à des services médicaux essentiels donnés en milieu hospitalier. Une
obligation qu'ils traînent pendant les 20 premières années de leur
pratique. Le hic, c'est que les jeunes médecins sont plutôt tenus de
travailler en moyenne de 25 à 30 heures par semaine à l'hôpital en
raison de leurs diverses obligations. Tout cela ne leur laisse que
peu ou pas de temps pour la prise en charge des patients, si bien
que la majorité se rabat sur le «sans rendez-vous» pour combler
leurs horaires.
Quand on sait qu'un Québécois sur quatre n'a pas de médecin de
famille attitré, on ne peut que s'étonner de voir la relève prise
dans un tel engrenage, dénonce le Dr Gladu dans un entretien au
Devoir. «Cela veut dire que, pendant 20 ans, ces médecins ne feront
pas ce pourquoi ils ont été formés, soit faire du suivi. Comme
professeur clinique [à l'Université de Montréal], ça me désole.» Et
on ne parle pas ici de quelques médecins, mais bien de milliers
d'omnipraticiens. «On estime qu'il y a entre 2500 et 3000 médecins
de famille sur 7800 qui font peu ou pas de prise en charge à cause
des AMP. Si ces gens-là étaient libérés de manière à faire ne serait-
ce qu'un demi-temps en prise en charge, 96 % des Québécois auraient
un médecin de famille.»
Vraiment? Absolument, répond le Dr Gladu, qui invite Québec à
s'inspirer de ce qui se fait ailleurs au Canada. Alors que le Québec
a choisi de transférer tout le poids des AMP sur les seules épaules
de sa relève, les autres provinces ont fait le pari de répartir
équitablement cette tâche essentielle. En Ontario, par exemple, tous
les médecins de famille font quatre heures d'AMP, que ce soit à
l'urgence, en milieu hospitalier ou même à leur bureau, les soirs et
les fins de semaine.
C'est ainsi qu'avec seulement 85 médecins pour 100 000 habitants,
les Ontariens de plus de 12 ans ne sont que 8,9 % à ne pas avoir de
médecin de famille. Malgré ses 109 médecins par 100 000 habitants,
ce qui est bien au-dessus de la moyenne canadienne fixée à 98, le
Québec affichait en 2006 un taux d'orphelins de 25,1 %, selon
l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS).
Privilégier la prise en charge
Mais pour le gouvernement comme pour les syndicats, l'idée de
demander aux médecins seniors de mettre la main à la pâte est
irrecevable. Ceux-ci craignent en effet que cela ne force ces
médecins d'expérience à abandonner une partie de leur clientèle.
Retour à la case départ, donc? Pas si sûr, avance le Dr Gladu. «Les
choses ont changé depuis 1993. La prise en charge des patients vient
maintenant avec des incitatifs financiers. Advenant l'obligation de
faire de quatre à six heures d'AMP, ces médecins-là vont sans aucun
doute délaisser le sans rendez-vous. En retour, cela va permettre
aux nouveaux médecins de faire eux aussi de la prise en charge. Ça
ne peut être que gagnant-gagnant pour la société, qui est bien mieux
servie lorsqu'elle est prise en charge.»
Sur ce point précis, tout le monde s'entend d'ailleurs parfaitement.
Il est effectivement beaucoup plus rentable de faire du suivi et de
la prise en charge que de disperser les énergies et les ressources
du réseau dans les cliniques sans rendez-vous. «Le sans rendez-vous,
c'est bien, parce que ça désengorge un peu les urgences. Mais un peu
seulement, parce que ce n'est pas votre médecin habituel qui vous
reçoit. Les traitements sont alors très ponctuels. Et ils ne vont
pas au fond des choses. Souvent, les gens vont donc devoir
reconsulter ou encore se résoudre à aller à l'urgence», explique ce
médecin de famille qui oeuvre présentement à Montréal après
plusieurs années passées en région.
D'un strict point de vue financier, cette formule est une évidence.
Une visite à l'urgence pour un problème de santé bénin comme
l'hypertension coûte de cinq à dix fois plus cher à l'État qu'en
cabinet. Pour la santé publique, les retombées sont encore plus
intéressantes. Plusieurs études démontrent en effet que les patients
qui sont suivis par un médecin de famille sont moins susceptibles de
mourir et coûtent moins cher au système. Ils sont aussi moins
souvent hospitalisés et consomment moins de médicaments, note le Dr
Gladu dans un texte paru dans le numéro de novembre du Médecin de
famille canadien.
Dans ce texte, le Dr Gladu remet en question notre perception de la
pénurie, pourtant évaluée au Québec à un imposant 800 médecins de
famille. À Montréal, ce manque est ressenti de manière encore plus
criante qu'ailleurs, alors que pas moins de 32,4 % des Montréalais
n'ont pas de médecin de famille. Mais ces chiffres sont trompeurs,
croit le Dr Gladu. «On ne dit pas qu'il n'y a pas de pénurie, mais
on voit bien qu'elle est très relative. Après tout, par rapport au
reste du Canada, on a plus de médecins au Québec et moins de
services, il y a forcément quelque chose qui cloche.»
Pour son association, il est clair que les AMP sont à la source de
tous ces maux et que seul un partage plus équitable peut faire une
différence. Bien sûr, il y a là un enjeu strictement générationnel.
«Sans blague, j'ai des collègues policiers qui vont prendre leur
retraite quand j'aurai terminé mes activités prioritaires!» Mais
cela va bien au-delà de cela, ajoute du même souffle le Dr Gladu.
«Depuis cinq ans, on s'est aperçu qu'au-delà du problème
générationnel, les AMP engendrent un réel problème d'accès aux soins
pour la population. Et ça, c'est impardonnable dans les
circonstances actuelles.»
Les jeunes omnipraticiens tenus à l'écart de la médecine familiale
La Presse Canadienne
Montréal
Les jeunes omnipraticiens du Québec soutiennent que la pénurie de
médecins de famille perdurera tant qu'ils feront les frais de
diverses obligations qui les forcent à passer jusqu'à 30 heures par
semaine dans les hôpitaux.
Le Devoir rapporte que, selon l'Association des jeunes médecins du
Québec, les avantages financiers accordés ces derniers temps aux
médecins de famille pour les inciter à se concentrer sur la prise en
charge de patients n'auront qu'une portée limitée, puisque les plus
jeunes sont tenus à l'écart de cette pratique.
Depuis une quinzaine d'années, les nouveaux médecins doivent
effectuer ce qu'on appelle des «activité médicales particulières»,
qui les forcent à passer au moins 12 heures par semaine à prodiguer
des services essentiels qui se donnent dans les hôpitaux. Cette
contrainte, ils devront la respecter pendant leurs 20 premières
années de pratique. Et d'autres exigences leur font aussi passer
autant d'heures, sinon plus, à l'hôpital.
Les jeunes omnipraticiens se retrouvent donc avec bien peu de temps
à consacrer à la prise en charge et, au point où ils en sont, ils
préfèrent se concentrer sur les services sans rendez-vous.
Le président de l'Association des jeunes médecins, le Dr François-
Pierre Gladu, réclame une réforme en profondeur des obligations qui
incombent aux nouveaux omnipraticiens. Il déplore que, durant 20
ans, ceux-ci ne puissent pas faire ce pourquoi ils ont été formés:
le suivi de patients.
Le Dr Gladu estime qu'entre 2500 et 3000 médecins de famille sur un
total de 7800 font peu ou pas de prise en charge. Il est d'avis que
si ces médecins étaient au moins partiellement libérés, 96 pour cent
des Québécois auraient accès à un médecin de famille.