Hello
 
 
Je reviens sur le cas du pied, qui me tracasse. 
 
Il y a eu des réponses spontanées pour indiquer que le fait de demander
directement une radiographie ne change pas grand-chose aux délais. Est-ce
vraiment le cas. Peut-être. Peut-être pas. 
 
En fait, le cas même très simple du pied est pourtant un bon exemple du
temps sauvé si l'infirmière demande elle-même la radiographie. 
 
Processus standard:
 
1) Triage
2) Salle d'attente
3) Bureau MD
4) Salle d'attente (généralement pour revoir infirmière avant envoi en
radiologie)
5) Radiologie
6) Salle d'attente
7) Bureau MD
8) Salle d'attente (pour des soins si requis)
9) Départ
 
Processus avec radiologie initiale selon protocole clair (pour éviter
d'augmenter el volume total de radiographies)
 
1) Triage 
2) Radiologie 
3) Salle d'attente 
4) Bureau MD  
5) Salle d'attente (pour des soins si requis)
6) Départ
 
A) Ce simple exemple où il y a 15 secondes de réflexion montre que pour un
changement de processus très simple, comme de demander une radiographie à
l'arrivée, diminue le nombre de déplacements de 8 à 5, pour un seul patient.
Premier gain. Assez net.
 
B) Deuxio, on peut observer 2 contacts MD dans le premier processus, contre
1 seul dans le second. Si vraiment le volume de patient est énorme, alors on
multiplie les contacts MD pour un volume qu'on gère déjà difficilement.
Aucun sens. Majeur.
 
On peut aussi observer jusqu'à 6 interventions d'orientation de patient par
du personnel, généralement des infirmières, dans le premier cas, alors que
dans le second cas, on ne peut en compter plus de 4. 
 
Il y a deux problèmes potentiels:
 
A) Augmentation du volume total d'examens (gérable par une bonne formation
et un bon suivi de la qualité)
 
B) Délai infirmier initial plus grand (mais je doute que ça soit très long
pour la majorité des patients)
 
L'initiation de l'analgésie a tout avantage à être réalisée dès le triage,
puisque le patient sera plus confortable ensuite, donc plus aisément
mobilisable, etc. De plus, on n'aura pas le délai supplémentaire pour
prescrire une analgésie, relever la prescription, seulement celui de donner
une médication selon ordonnance collective et de l'inscrire au dossier.
 
Bien entendu, si le délai pour voir le MD est 90% du délai total, le gain
sera faible par le mécanisme A, cependant, si on passe de 2 à 1 contact
patient/MD pour une majorité de patients, on fera peut-être diminuer ce
délai.
 
Donc, pour un cas fort simple, évident, on parle déjà d'une compression des
délais probablement significative, qui implique la mise en place d'un
processus de soins axé sur une intervention précoce et une autonomie plus
grande. L'enjeu en est un de formation, avant tout. Pas de personnel. En
fait, si on coupe l'attente, donc le nombre de patients en attente, et si on
diminue les interventions requises pour orienter le patient (ici de 6 à 4,
gain de 33%), on pourra certainement mieux rouler avec le même personnel et
consacrer encore plus de temps à des actions avancées.
 
C'est pourquoi je trouve très pertinent l'envoi portant sur le pied, et
demeure perplexe devant notre défaitisme quant à la gestion de l'attente
avant de voir le MD.
 
Le problème, c'est qu'on ne se donne pas le temps de mesurer, d'analyser les
processus, de voir ce qui pourrait être mieux fait, d'oser changer nos
façons de faire, de mesurer les effets des changements, etc.
 
Imaginez appliquer une approche sérieuse à la grandeur d'un département
d'urgence.
 
Mais qui a... le temps de faire cela?
 
 
Alain Vadeboncoeur 
 


  _____  

From: [email protected] [mailto:[EMAIL PROTECTED] On Behalf Of Catherine
Bich
Sent: 8 décembre 2007 19:49
To: [email protected]
Subject: URG-L: [Pas de sujet]



Il y a certainement des pistes de solution,des façons d’organiser le
travail.De déléguer de manière organisée pour mieux « économiser » le temps
MD.

 

Mais le volume est là.Enorme,pas facile à gérer.Lourd.Quelque soit la
manière de regarder les choses.Et le temps MD n’est pas le seul qui doit
être économisé.Le temps nursing doit lui aussi être utilisé de manière
judicieuse,sinon le temps MD économisé se passera les mains croisées sur le
comptoir à attendre le prochain patient.

 

En passant,je ne suis pas d’accord que le mode de paiement « ralentit » le
docteur.Vieil argument des gros rouleurs nostalgiques qui se tapaient 50-60
patients par chiffre dans le temps où c’était encore possible et où la
grosseur de la pile de dossiers témoignait de l’efficacité du docteur.Je
vais être très impolie,mais le « botchage » de patient n’est plus à la
mode,et n’est heureusement plus sanctionné par une rémunération plus
avantageuse.

 

Je ne suis pas nostalgique du temps où je gagnais plus de $ à voir une
famille entière avec un rhume qu’à voir un cas d’infarctus.Ni du temps où je
chargeais un examen complet pour une heure passée à parlementer avec la
famille d’un patient en perte d’autonomie.

 

Vraiment pas.

 

C.

 

 

 

 

 

 

 

 

Répondre à