Je ne partage pas la d�finition de la libert� contenue dans Rousseau. La d�finition de la libert� " chacun est parfaitement libre en ce qui ne nuit pas aux autres " (ce n'est pas de Rousseau je crois, mais ce dernier l'approuvait comme r�sumant sa pens�e) appelle l'arbitrage d'institutions gouvernementales pour d�limiter " o� commence la libert� de l'autre et o� finit la mienne... ". La libert� Rousseauiste n'est donc envisageable que dans un ensemble institutionnel cens� garantir l'exercice de la libert� individuelle, tout en donnant possibilit� � cet ensemble institutionnel de limiter les libert�s individuelles si celles-ci remettent en cause le corps social. Voil� bien qui tombe sous le sens commun - un arbitrage gouvernemental garantissant un juste �quilibre entre libert� particuli�re et libert� collective - mais ouvre la porte � tous les absolutismes, celui de l'Etat, comme celui du ma�tre... La vie sociale avec ses �changes internes, ses relations, pr�existe aux institutions politiques. Ces derni�res, aussi g�n�reuses soient elles, n'ont pour vocation que d' accaparer et de contr�ler toute activit� sociale en augmentant leur puissance afin de se maintenir tout en expliquant que, finalement, elle agissent pour le bien commun. Il en r�sulte un rapport de domination, d'Autorit� � Sujet. Le gouvernement, s'oppose n�cessairement � toute initiative, � toute tentative d'�mancipation, � toute revendication de libert�, car per�ues pour lui comme une menace. Ne pouvant emp�cher toutes les initiatives, il est condamn� � inventer continuellement de nouvelles lois, a augmenter son arsenal l�gislatif.... Bref � tout r�genter. Les Lois, les gouvernements, pr�sent�s comme issus des volont�s et au service des libert�s finissent par s'opposer � la soci�t�, � s'en couper, � s'en ext�rioriser. Ce qui devait �tre finalement une adh�sion enthousiaste � un Contrat social, finit par devenir une contrainte que l'on subit, un mal n�cessaire...
Pourquoi cette profession de foi anarchiste sur la liste du 3�me type ? Loin de moi l'id�e de pros�lytisme, mais bien un parall�le entre le gouvernement de la soci�t� et le gouvernement du ma�tre sur sa classe. Combien d'entre nous, combien de nos coll�gues, sont engag�s dans une lutte continuelle � imposer leur (notre) volont� � cette soci�t� qu'est la classe, � en contr�ler ou � en d�tourner toute les initiatives � notre profit, quand ces derni�res ne sont pas tout simplement �touff�es. Combien d'entre nous ne se parent-ils pas de lois et autres r�glements, augmentant sans cesse l'arsenal juridique de la classe au point que les proc�dures deviennent si complexes qu'elles �touffent toute vie ?.... Il y a une autre d�finition de la libert�, celle o� loin de penser que la libert� de l'autre ne peut �tre garantie que par la n�gation de ma propre libert�, je me retrouve dans celle clam�e par Bakounine, o� ma libert� ne se nourrit, ne se prolonge qu'avec celle de l'autre. Plus l'autre est libre, plus je suis libre. Id�ologie ? Jasmin, (vous savez celui donc j'ai d�j� parl� sur la liste) en ne perdant plus son permis nous a rendu plus libre, car le jour m�me le permis a �t� d�finitivement, a �t� supprim� de la classe. Quand j'ai voulu cr�er un permis de biblioth�que, afin de contr�ler tous ces enfants qui le lundi partaient lire en biblioth�que au point qu'il ne restait en classe que 4 ou 5 enfants et que lors de la r�union, pour justifier que je sois le seul � voter pour ma proposition, la classe a dit " on n'en n'a pas besoin [du permis] ", ce groupe en affirmant son autonomie, en revendiquant calmement sa capacit� � s'�manciper m'a rendu plus libre... D�sol� d'avoir �t� un peu long Cordialement Philippe Lamy -- ---------------------------------------------------------------- Vous pouvez vous desinscrire a tout moment de cette liste de discussion en postant un message a [EMAIL PROTECTED]
