Olivier,
ce qui en décidera est le consensus d'adminance. C'est-à-dire ton
"point de fuite" accepté par tous. On travaille dans le court terme :
desservance des services réseau. Dans le moyen terme : la gouvernance
du réseau. Dans le long terme, l'adminance de l'écosystème du réseau.
Ce qui correspond en fait au contrat, à la loi, et à la constitution.
Or ton point de fuite temporel (le long terme) s'avère aussi être ton
point de fuite numérique : le code qui va marcher pour tous (la
constitution, selon le mot de Lessig), car si l'on n'a pas le même
code source on n'est pas dans le même univers.
Si tout le monde est d'accord sur la même chose : dans le cas du
SMSI, la société de l'information doit être "people centered, à
caractère humain, centrada en la persona", les coordonnées
conceptuelles du point de fuite ont été définies. Ce sont elles qui
vont se préciser au fil du temps et de l'adminance, c'est-à-dire de
la réalisation pratique par des standards, des programmes, etc. et
leur amélioration constante (sauf "catastrophe", cf. René Thom, qui
va relancer les choses différement). Donc tout va pouvoir se décrire
dans la perspective de ce point de fuite, selon les règles
fondamentales de perspective agréées par l'adminance, dessinées en
commun par la gouvernance et permises par la desservance de
l'imagination de chacun.
Tu perçois qu'une fois admis le point de fuite, le paradigme
technique et la culture ambiante vont se mettre en place, donnant à
la fois efficacité pratique et légitimité à ce qui va dans son sens
et justifiant la création d'une autorité de protection par
l'influence, la régulation, la force.
Est-ce que cela marche ? A priori, oui car c'est là-dessus que
l'internet est construit. A la base pratique, il y a les RFC dont il
faut au moins respecter un certain nombre pour pouvoir les violer. Si
l'on n'utilise pas BGP, on ne va pas pouvoir le mal utiliser. Or
l'origine de ces RFC, l'IETF, se considère seulement comme une force
d'"influence" sur ceux qui "construisent, utilisent et gèrent"
l'internet. Le point de fuite de l'IETF est lui défini comme "non pas
une technologie qui pourrait être, mais celle qui correspond aux
valeurs centrales de l'IETF", qui ne sont pas celles du SMSI et sont
beaucoup plus techniquement précises, ce qui en limite l'ère de
responsabilité comme on le voit dans le cas des télécoms qui
reviennent à l'UIT, et du support engagé par ailleurs de la diversité
par la multiplication par division (c'est-à-dire la capacité de
répondre à la multiplicité des besoins par la division des tâches
permise par un socle commun auquel chacun peu se référer: ton fond de
perspective).
La discussion actuelle sur les coopérations renforcées est en fait
une discussion de structuration de l'adminance. Où nous avons deux
points de fuite (intermédiaires ?) nouveaux qui s'opposent sous la
forme de la centricité (point de fuite) des Etats (motivée par les
problèmes d'infrastructure à payer) et de celles des consommateurs
(des leaders du marché pour une superstructure logique et
opérationnelle à payer).
Et nous, que l'on oublie beaucoup dans tout cela, qui restons de
façon têtue sur la centricité des personnes qui sont à la fois
utilisateurs, citoyens, consommateurs, être humain, artistes,
parents, enfants, etc. etc. ce qui devrait t'amener à envisager la
nature de la perspective humaine et comment tes perspectives temps et
numérique s'imbriquent avec elle ? Comment l'art ne saurait-il à la
fin être humain ?
jfc
At 16:51 22/11/2010, olivier auber wrote:
Le 22 novembre 2010 16:25, Louis Pouzin <[email protected]> a écrit :
> 2010/11/19 Kavé Salamatian <[email protected]>
>>
>> Salut Louis,
>> Je suis d'accord avec toi, mais je pense que la solution viendrais aussi
>> de la définition et de l'obligation pour les acteurs concurrents de suivre
>> des règles de bonne conduite et de mettre en place un organisme arbitral.
>
> Bonjour Kavé,
>
> Tout à fait d'accord. Reste à définir les instruments de régulation.
> Si la majorité des opérateurs ont un lieu de rencontre (UIT p.ex.), ils
> pourraient, s'ils le veulent bien, produire des règles de bonne conduite.
> Sinon, on ne voit pas bien quelle autorité aurait les moyens de
leur imposer
> ce travail.
> Par ailleurs vérifier que les règles sont appliquées serait assez
difficile,
> sans outils de surveillance mutuelle.
La "surveillance mutuelle" (entre États, entre acteurs privés),
n'est-ce pas ce qui est en place dans les faits, et qui tant bien que
mal permet au système de fonctionner? Où un nouvel organisme arbitral
trouverait-il sa légitimité? Selon quel critère arbitrerait-il? La
"concurrence libre et non faussée"? La "lutte contre le terrorisme"?
La "loi du plus fort"?
Excusez-moi d'insister, mais ces questions de "légitimité" dans les
réseaux m'intéressent... pour mes cogitations sur la perspective
numérique.
Bien à vous
Olivier
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