At 00:06 24/11/2010, olivier auber wrote:
Combien de temps faudra-t-il pour digérer ce que jefsey vient d'exprimer? Combien de souffrance aussi?

Les choses sont rapides que l'on vit lentes. C'est pourquoi je crois que le temps et le numérique se conjuguent comme point de fuite avec le subjectif de l'homme lui-même. Dans la perspective optique, on a tous à peu près le même oeil. Il n'en est pas de même dans le numérique et le temps.

Il est typique que la véritable révolution des communications est à notre porte depuis 25 ans : il s'agit pour la première fois depuis les ambassadeurs, du contenu actif, c'est-à-dire que ce qui est envoyé soit intelligemment modifié selon ce que désire l'envoyeur [services étendus], et ce que veut entendre le receveur et ses amis [facilitation]. 25 ans au moins puisqu'en 1985 j'étais Directeur des Services étendus de Tymnet, alors le réseau mondial de l'époque.

Ma souffrance est de piétiner depuis, mais regarde pourtant le chemin accompli depuis que Pouzin ait donné l'idée de base du datagramme qui se débrouille tout seul pour arriver à destination. Là c'est l'essence de l'information qui se débrouille toute seule. Puis ce sera l'essence de l'idée partagée.

Regarde : quatre mille ans d'astronomie chinoise la plus poussée, la plus sérieuse, la plus respectée, pour apprendre d'un jésuite en 1600+ que la terre était ronde! Anaximène le savait 3200 ans avant. La vie de l'humanité est souffrance, mais parfois l'imagination répond à ses besoins, la science retient sa curiosité, la philosophie assouvit son besoin de spéculer, l'art devrait l'apaiser et l'amour le faire aimer.


Le code nous impose une blessure narcissique sans commune mesure avec
celles que nous avons déjà connues.

Il y a eu la bête humaine, maintenant la machine humaine, ce qu'ils cherchent est la machine post-humaine.... où ils se voient pour de bon comme des dieux (la culture californienne est impressionnante comme mélange code et coke).

Nous ne pouvons pas cesser de le construire, lui qui nous qui nous construit à notre tour.

C'est vrai de tout ce que nous construisons, mais j'achèterais bien que l'on soit à moment d'accélération : si tu regardes la courbe des humains simultanément vivants - les synergies grossissent, mais ce sont aussi des gens, comme dirait Patrick. Nous construisons pour nous aider, ne sont-ce pas plus les gens que nous avons aidés qui nous construisent plus ?

Nos connaissances ne font que creuser notre inconnaissance radicale.

Ceci a été vrai de tout temps. Cela nous agace sans doute plus, car on en sait plus collectivement et sur plus de choses qu'avant (une autre perspective que celle de la connaissance ?).

Que pouvons-nous faire si ce n'est de toujours l'interroger et de
tenter de trouver une légitimité à la perspective qu'il dessine?

Très bonne question !!!

Le code est notre. Mais a-t-il sa logique propre ? Peut-il être ce que nous voulons ou ce qu'il doit être ? Je commence à me passionner pour richard fuller. Peut-il y avoir une synergétique du code ? (Richard Buckminster (Bucky) Fuller est le papa des géodes, etc. etc. et pour y arriver, et à beaucoup d'autres choses, il a découvert pas mal de choses quant à la géométrie de l'espace énergétique qu'il a appelé la synergétique - mais ses textes sont dix fois plus ésotériques que les miens et donc très difficiles à suivre; pour moi, il commence à m'apparaître comme le Pytagore du XXème siècle).

Sans doute un peu lâcher prise...

Surtout pas !!!

Mais probablement lâcher certaines conceptions, dépassées non dans leur fond, mais dans leur forme et auxquelles il faut s'ajuster, justement selon les perspectives dans lesquelles nous avançons. Nous avançons dans les plans de la/des perspectives au fil du temps. Ce qui nous permet de le faire sans trop d'accoups est de rester dans le même plan, sans s'accrocher à celui du temps précédent ni pleurer de ne pas être encore dans le suivant que l'on aperçoit.

Imagine une ville en perspective et des personnages dessinés. C'est nous et nous avançons, donc nous paraissons aller vers le point de fuite. Ensemble. C'est ton dessin qui nous dira comment y aller de pair. Mais la perspective est plus complexe, c'est tout, car elle porte sur plus de choses.

jfc



Olivier Auber


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