Tiens,tiens...Le minist`re d'�ducation ira-t-il jusqu'� la conscription?
 
Au moins,eux,y seront pas forc�s de travailler la nuit.
 
C.
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�DUCATION Le mercredi 16 octobre 2002

Les c�geps manqueront bient�t de profs


Marie Allard
La Presse

Phototh�que La Presse

Le C�gep de Chicoutimi.

Pr�s du tiers du personnel des c�geps pourrait prendre sa retraite d'ici cinq ans. Et d'ici huit ans, c'est pr�s de la moiti� qui pourrait en faire autant. �Dans le domaine de l'�ducation, tout le monde a le m�me �ge !� remarque Jean-Raymond Marcoux, formateur associ� � l'�cole nationale d'administration publique (ENAP) et auteur d'un portrait statistique du personnel des c�geps qui sera d�voil� aujourd'hui, dans le cadre du 4e congr�s de la F�d�ration des c�geps.

Et comment ! Parmi les professeurs de c�gep, 48% ont entre 45 et 50 ans, et 47,7% sont �g�s de 50 � 55 ans. �Cela revient � dire que 95,5% d'entre eux auront droit � la retraite d'ici 10 ans�, indique M. Marcoux. La moyenne d'�ge des cadres est encore plus �lev�e (51,2 ans) alors que celle du personnel professionnel (49,6 ans) et des employ�s de soutien (46,9 ans) des coll�ges l'est � peine moins. �Il faudra renouveler massivement le personnel, non seulement dans les c�geps, mais aussi dans les autres organisations qui ont vu le jour � la m�me �poque, et ce, partout en Am�rique du Nord�, constate le formateur.

Une bonne nouvelle pour notre jeunesse ? �Pas seulement pour elle, mais pour la soci�t� en g�n�ral�, r�pond Michel Audet, professeur au d�partement des relations industrielles de l'Universit� Laval et sp�cialiste du �aging�, c'est-�-dire la gestion des �ges. �Les jeunes, qui ont moins de squelettes dans le garde-robe et moins de pr�jug�s que les vieux, apporteront un vent de fra�cheur aux c�geps�, estime M. Audet, qui donnera lors du congr�s une conf�rence sur le changement de g�n�ration et le choc des valeurs.

Casser les oeufs

�Avec le temps, les gens qui travaillent ensemble finissent par partager les m�mes valeurs, celles qui leur ont toujours valu le succ�s�, observe Michel Delorme, professeur � la facult� d'administration de l'Universit� de Sherbrooke et responsable au cours du congr�s d'un atelier sur le changement de culture organisationnelle.

�Il devient alors difficile pour eux de se remettre en question. Or, l'arriv�e d'un grand nombre de jeunes peut entra�ner une perte de ce savoir, mais elle peut aussi �tre une excellente fa�on de voir autrement l'organisation des c�geps. Je suis un partisan du changement et j'assume le fait qu'on ne fait pas d'omelettes sans casser les oeufs�, affirme le Pr Delorme.

�Quand un paquet de jeunes arrivent dans un milieu, poursuit Michel Audet, on peut soit les faire rentrer dans le moule, c'est-�-dire leur apprendre � naviguer � travers la bureaucratie, soit leur donner l'opportunit� de r�inventer l'organisation du travail, avec des valeurs et des id�es diff�rentes. Il reste qu'� faire bouger les c�geps, ce n'est pas gagn� ! Alors qu'il reste beaucoup de choses � inventer pour �viter la saign�e - des programmes de mentorat, par exemple -, les organisations ont l'habitude d'�tre � flux tendu. Payer des gens non pas pour produire, mais pour transmettre leurs connaissances, ce n'est pas une �vidence aujourd'hui.�

Bonsoir, je m'en vais !Il n'en demeure pas moins que �si on laisse les nouveaux profs dans la quasi-pr�carit�, comme on le fait actuellement dans les c�geps, ils n'adh�reront pas � l'institution�, souligne Fran�ois Rebello, directeur du Groupe Investissement responsable et ancien pr�sident de la F�d�ration �tudiante universitaire du Qu�bec. �Il faut que les jeunes aient un bureau, un emploi, un salaire et un titre de prof de c�gep, � d�faut de quoi ils n'auront pas de sentiment d'appartenance � l'organisation. C'est pourtant simple : les c�geps doivent d�passer les consid�rations comptables et investir de l'argent avant que les professeurs �g�s ne partent. Il faut pr�voir une p�riode de transition o� les vieux seront au service des jeunes, et par le fait m�me, �viter le syndrome du J'ai donn�, bonsoir, je m'en vais !�

Les conf�renciers ont heureusement pr�vu donner quelques �pistes de solutions� aux gestionnaires de c�geps qui seront pr�sents au congr�s. Parmi elles, Jean-Raymond Marcoux sugg�re principalement de �combler au plus vite tous les postes de cadre�, � d�faut de quoi les organisations, priv�es � la fois de profs, de cadres et de professionnels, se retrouveront s�rieusement... d�sorganis�es.

�Il faut ensuite mettre en place une unit� de gestion de crise en ressources humaines, en suivant ce qui se fait ailleurs, par exemple chez Hydro-Qu�bec�, conseille M. Marcoux.

Reste aussi � retenir le plus possible les gens au travail. �On ne pourra trouver 10 000 professeurs de c�gep d'un coup, constate le formateur. Alors que certains tiendront � la retraite, d'autres consentiront � travailler � temps partiel, surtout si on leur offre divers mod�les, adapt�s � leurs d�sirs.� Actuellement pr�vue � 60 ans, ou apr�s 25 ann�es de service, la retraite des professeurs de c�geps pourrait m�me �tre carr�ment repouss�e.

Derni�re solution, mais non la moindre, il faut all�cher - et garder - les jeunes employ�s. �La r�duction du temps de travail et la conciliation travail-famillle seront importantes pour les travailleurs de demain. En cons�quence, il faudra leur offrir des horaires flexibles, des cong�s pour des raisons personnelles, du travail � faire � domicile, etc.�, soutient M. Marcoux.

Tout cela aux profs de c�geps, qui semblent d�j� - de l'ext�rieur - occuper un emploi de r�ve ? �Ne vous m�prenez pas, c'est tr�s usant comme travail !� r�torque M. Marcoux. �Et cela le sera toujours, sauf que cette fois, les jeunes auront le gros bout du b�ton pour n�gocier leurs conditions �, conclut Michel Audet.



 



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