Title: 65 cliniques ont ferm� en quatre ans � Montr�al
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65 cliniques ont ferm� en quatre ans � Montr�al

La p�nurie de m�decins s�vit aussi hors des h�pitaux

Isabelle Par�
�dition du vendredi 27 septembre 2002

Mots cl�s : Qu�bec (province), Montr�al, Services de sant� et services sociaux, 65 cliniques, fermeture, p�nurie de m�decins

Si les m�decins manquent � l'urgence, ils d�sertent aussi les cliniques priv�es o� le ministre Legault esp�re les recruter. Faute de m�decins, plus de 65 cliniques priv�es ont ferm� leurs portes � Montr�al en quatre ans, et la tendance se poursuit.

Ce matin, la Clinique m�dicale du Boulevard, la plus grosse clinique du quartier Rosemont, fermera ses portes apr�s 27 ann�es d'existence. Bient�t, ce sera le tour de la Clinique familiale de l'Est, qui desservait la client�le d�munie du quartier Hochelaga-Maisonneuve. Le mois dernier, c'�tait la Clinique de m�decine g�n�rale La�nnec qui d�clarait forfait, apr�s 15 ann�es d'existence, laissant en plan une importante client�le multiethnique dans le quartier Parc-Extension avec quelque 59 000 dossiers actifs.

�Ferm� d�finitivement en raison de la p�nurie de m�decins�, peut-on lire depuis sur la vitrine placard�e de la Clinique m�dicale La�nnec, rue Beaumont, o� l'on pouvait, en cas d'urgence mineure, rencontrer un m�decin sans rendez-vous six jours par semaine entre 8h et 20h.

Pas �tonnant puisque, selon le dernier relev� effectu� par la R�gie r�gionale de la sant� de Montr�al-Centre, pas moins de 65 cliniques m�dicales ont ainsi ferm� leurs portes entre 1996 et 2000 dans la m�tropole. De 215 en 1996, le nombre des cliniques a chut� � 151 � la fin de 2000. Ce chiffre n'inclut donc pas les cliniques mentionn�es plus haut, et toutes celles qui ont pu cesser leurs activit�s apr�s 2000.

� son ouverture, la Clinique m�dicale La�nnec comptait 16 omnipraticiens qui suivaient leur client�le r�guli�re, en plus d'assurer la couverture compl�te du service m�dical sans rendez-vous.

�� la fin, nous n'�tions plus que huit, dont seulement trois � temps plein. On ne pouvait plus couvrir la semaine. Les services diminuaient sans cesse. Sans compter que nos patients r�guliers devaient attendre six mois pour obtenir un rendez-vous. On ne pouvait plus continuer comme cela�, a expliqu� cette semaine le Dr Michel Vachon, qui continuera malgr� tout, avec cinq autres de ses coll�gues, de suivre sa client�le r�guli�re.


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Selon ce dernier, il est devenu impossible pour les cliniques m�dicales de recruter des jeunes. La bonne sant� du march� immobilier a fait monter en fl�che le co�t des loyers commerciaux. �� peu pr�s toutes les cliniques priv�es sont sur la corde raide. Les seules qui peuvent continuer � assumer ces frais de bureau sont celles qui s'affilient � une grande surface de pharmacie. Nous ne pouvons offrir aux jeunes les avantages qu'ils trouvent en CLSC�, affirme le Dr Vachon.

En raison des d�crets qui limitent � 70 % leur salaire � Montr�al et les obligent � faire des activit�s m�dicales � l'h�pital, les jeunes m�decins optent plut�t pour une pratique hospitali�re ou en CLSC, ou pour l'exil en r�gion �loign�e, l� o� ils touchent 100 % ou plus de leur salaire, sans responsabilit� administrative. Environ la moiti� des jeunes m�decins allouent la moiti� de leur pratique � l'urgence.

Un manque de 139 m�decins

en clinique

Selon une �valuation des besoins en services de premi�re ligne faite par la R�gie r�gionale de Montr�al et la F�d�ration des m�decins omnipraticiens du Qu�bec (FMOQ) en 2000, il manquait 139 omnipraticiens � temps plein en clinique priv�e � Montr�al, en comparaison de 30 � 40 m�decins en hospitalisation et de 15 dans les urgences.

Le Dr Vachon s'inqui�te du discours du gouvernement qui laisse entendre que les m�decins sont choy�s et pr�f�rent du �sans rendez-vous� plut�t que d'aller � l'urgence. �J'aimerais bien savoir o� sont les m�decins, car il n'y en a pas ici et pourtant les besoins sont �normes�, dit-il.

O� ira la client�le ? Les quelque 59 000 dossiers actifs de la clinique La�nnec, que la loi oblige � conserver pendant cinq ans, s'entassent aujourd'hui dans un garage et un sous-sol. �videmment, le Dr Vachon ne pourra assurer le suivi que d'une infime partie de ces patients.

La fin d'une �poque ?

Le Dr Marc-Andr� Asselin, un des fondateurs de la Clinique du Boulevard, tournera lui aussi aujourd'hui la page sur les 27 derni�res ann�es. Devenue peu rentable dans ses anciens locaux, sa clinique d�m�nage et sera d�sormais g�r�e par une grande cha�ne pharmaceutique, qui s'acquittera du salaire des employ�s et des autres frais. �Maintenant, la pharmacie g�rera la clinique. Nous ne serons que des locataires et c'est s�r que notre implication sera moins personnelle�, affirme le Dr Asselin.

Selon ce dernier, la situation sera bient�t critique � Montr�al parce que 25 % des omnipraticiens y ont plus de 55 ans. Dans le reste du Qu�bec, cette proportion n'est que de 14 %. �Dans sept � huit ans, ils prendront leur retraite et il n'y a personne pour prendre la rel�ve dans les cliniques. Si en plus le ministre veut que les m�decins de cliniques travaillent � l'urgence, �a sera pire. L'avenir est sombre�, pense ce dernier.

D'apr�s ce m�decin, le ministre erre quand il souhaite amener les 5400 omnipraticiens de cliniques priv�es � faire de l'urgence. �On a toujours l'impression qu'il y a plein de m�decins � Montr�al et qu'il n'en manque qu'en r�gion. Mais il y a trois millions de patients � Montr�al qui ont d�j� du mal � se trouver un m�decin de famille�, dit-il.

Le probl�me des effectifs en clinique m�dicale priv�e, s'il est criant � Montr�al, existe aussi dans d'autres r�gions. Mais pour des raisons diff�rentes, explique Isabelle Savard, conseill�re politique � la FMOQ.

�� Montr�al, la question du d�cret s'ajoute au probl�me des retraites, mais il n'y a pas plus de rel�ve en r�gion. Dans certaines r�gions, les m�decins donnent d�j� jusqu'� 60 % de leur temps � l'h�pital. Il manque l'�quivalent � temps complet de 730 m�decins de premi�re ligne au Qu�bec�, dit-il.

En effet, que ce soit en clinique priv�e, dans les urgences ou � l'h�pital, on risque de s'arracher les m�decins prochainement. On s'attend � ce que l'ajout net de nouveaux m�decins soit de 56 en 2003, de 35 en 2004 et de 21 en 2005. Et cela, parce que l'arriv�e de 160 jeunes m�decins chaque ann�e est presque annul�e par le nombre des d�parts � la retraite.



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