Title: Cyberpresse | La col�re gronde de nouveau
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Un m�decin de Drummondville forc� de d�panner � Shawinigan Le mercredi 16 octobre 2002

La col�re gronde de nouveau


ALEXANDRE SIROIS
La Presse

Apr�s une p�riode d'accalmie de quelques semaines, la col�re gronde � nouveau chez les m�decins du Qu�bec qui ont appris hier qu'un urgentologue de Drummondville a �t� forc� d'assurer un quart de garde � Shawinigan, � quelque 24 heures d'avis.

Gilles Viens a d� passer la nuit de jeudi dernier (le 10 octobre) aux urgences de Shawinigan en vertu de la loi d'exception adopt�e par Qu�bec en juillet. Une "bavure", selon certains m�decins, puisque le Dr Viens avait travaill� aux urgences dans la journ�e de jeudi, � l'h�pital Sainte-Croix de Drummondville.

"Je ne pouvais pas annuler ma garde � Drummondville � la derni�re minute", a d�clar� ce m�decin de 40 ans qui travaille en moyenne huit jours par mois aux urgences de l'h�pital Sainte-Croix, o� il pratique depuis 1985. C'est qu'on l'a somm� de se rendre � Shawinigan, par t�l�phone, dans l'apr�s-midi du mercredi 9 octobre, soit la veille du quart de garde pour lequel il avait �t� assign�.

Il a ensuite re�u une lettre recommand�e contenant son assignation jeudi matin, � l'h�pital de Drummondville, o� il travaillait jusqu'� 14 h. Il dit avoir pu dormir chez lui en soir�e de 19 h � 21 h. Il a ensuite pris la route jusqu'� Shawinigan, o� il est arriv� deux heures plus tard. Il y a travaill� jusqu'au lendemain matin. "Ce qui veut dire que j'�tais loin d'�tre dans des conditions optimales pour travailler dans une salle d'urgence, a d�clar� le Dr Viens. Mais ce qui m'a frustr� le plus, c'est un peu la fa�on cavali�re avec laquelle �a a �t� fait: j'�tais assign�, point."

L'urgentologue de Drummondville �tait d'autant plus frustr� que deux membres du Regroupement des m�decins d'urgence du Qu�bec (REMUQ) s'�taient offerts pour remplir le quart de garde qui ne trouvait pas preneur. Mais leur offre aurait �t� refus�e par le directeur des services professionnels de l'h�pital de Shawinigan parce que les deux m�decins souhaitaient travailler ensemble. "Ils ne voulaient pas payer le deuxi�me forfait de nuit, qui repr�sente 500 $, pour le deuxi�me m�decin. Donc, pour 500 $, ils ont pr�f�r� aller vers le gars qui avait d�j� travaill� de jour � Drummondville, qui fait huit gardes aux urgences par mois, de l'hospitalisation et qui est un m�decin de famille qui a un gros bureau. (...) C'est pas mal d�gueulasse", a lanc� le pr�sident-fondateur du REMUQ, Christian Hobden, qui consid�re qu'il s'agit d'une bavure.

L'un des deux m�decins du REMUQ qui �tait pr�t � aller � Shawinigan, n'avait pas pratiqu� aux urgences depuis six semaines et souhaitait �tre accompagn� par un m�decin qui connaissait bien cet h�pital. "C'�tait une demande raisonnable. Il y avait probablement de l'ouvrage pour deux docteurs", a indiqu� le Dr Hobden.

La pr�sidente directrice-g�n�rale de la R�gie r�gionale de la sant� de la Mauricie et du Centre-du-Qu�bec, Mich�le Laroche, a soulign� que cette m�thode de recrutement forc�, utilis�e pour la quatri�me fois depuis juillet, est essentielle. Sinon, jeudi dernier, les urgences de Shawinigan auraient d� fermer leurs portes. Elle se dit cependant consciente des limites et des inconv�nients de la loi d'exception. "On prend en consid�ration les m�decins qui ont une disponibilit� par rapport au quart de travail. Mais avoir une disponibilit�, �a ne veut pas dire ne pas vivre d'irritants. Parce qu'en g�n�ral �a peut en faire vivre aux m�decins. On les pr�vient � la derni�re minute, ces m�decins l� ont souvent travaill� la veille ou huit heures avant ou l'avant-veille et ils ont de la route � faire", a d�clar� Mme Laroche.

� la F�d�ration des m�decins omnipraticiens, o� on tente encore de trouver des solutions pour mettre fin aux probl�mes des urgences de certains h�pitaux des r�gions, on d�plorait l'assignation du Dr Viens. "On trouve �a regrettable, a dit le porte-parole, Jean Rodrigue. D'autant plus qu'on est en train de mettre la derni�re main � un projet de jumelage (entre l'h�pital de Shawinigan et un h�pital urbain dont les urgences sont en sant�) qui, on pense, va �tre efficace pour une plus longue p�riode."



 



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