Coucou les fran�ais.
 
C'est vous les meilleurs!!!
 
C'est pas moi qui le dit,c'est l'OMS.
 
Ciao
Title: Cyberpresse | La sant� et le mod�le fran�ais
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Le mardi 8 octobre 2002
La sant� et le mod�le fran�ais

Claude Picher
La Presse

Dans une intervention fort remarqu�e au congr�s de l'ADQ tenu en fin de semaine � Drummondville, l'ex- ministre lib�ral Claude Castonguay, p�re de l'assurance-maladie, a soulign� avec raison qu'il est grand temps, dans le dossier chaud du financement des d�penses de sant�, de �pr�senter les v�ritables options clairement et sans d�magogie�.

Les chiffres le prouvent sans aucune esp�ce de doute: toutes proportions gard�es, le Qu�bec fait un effort financier tout � fait comparable � celui des autres pays industrialis�s (� l'exception des �tats-Unis, qui constituent un cas � part). Pourtant, la performance de son syst�me de sant� le classe dans le peloton de queue.

M. Castonguay �voque notamment le cas de la France, qu'une r�cente �tude internationale place en t�te de liste pour la qualit� des services de sant�, sans qu'il n'en co�te plus cher l�-bas qu'ici. L'exemple de la France est �galement repris dans le courrier des lecteurs, dans LaPresse d'hier.

Qu'en est-il au juste? Est-il exact que les Fran�ais ont un meilleur syst�me qui, en plus, leur co�te moins cher? Si c'est le cas, quel est leur secret?

*****

L'�tude internationale cit�e par M. Castonguay provient de l'Organisation mondiale de la sant� (OMS), et a �t� men�e selon une m�thodologie rigoureuse. Les experts de l'OMS ont �valu� le rendement global du syst�me de sant� dans chacun des 191 pays membres, en se fondant sur huit crit�res reconnus et facilement mesurables, comme l'�tat g�n�ral de sant� de la population, l'accessibilit� aux soins, la qualit� des soins, l'�quit� de la contribution financi�re. Les r�sultats ont �t� rendus publics il y a un an.

La France, effectivement, arrive premi�re au classement. Il est donc exact de dire que les Fran�ais ont le meilleur syst�me de sant� au monde. L'OMS ne publie pas de chiffres sur les provinces ou autres divisions administratives. Le Canada, par contre, se classe au 30e rang, carr�ment dans le peloton de queue des pays industrialis�s.

La performance du Qu�bec peut raisonnablement �tre compar�e � celle du reste du Canada; selon la derni�re compilation de l'Institut Fraser, le d�lai moyen d'attente entre la premi�re visite chez un m�decin sp�cialiste et le traitement est de 16 semaines au Qu�bec, contre une moyenne canadienne de 16,5 semaines.

N'emp�che: un minable 30e rang, pour un pays riche comme le Canada, est loin d'�tre satisfaisant. Cela fr�le m�me le constat d'�chec.

Les Canadiens peuvent quand m�me se consoler en regardant les �tats-Unis. Les effets pervers engendr�s par l'hypertrophie du secteur priv� placent la premi�re puissance �conomique de la plan�te au 30e rang, derri�re tous les autres pays riches et m�me certains pays du tiers-monde, pour ce qui est de la performance globale du syst�me de sant�.

Coup d'oeil sur les co�ts, maintenant. Les d�penses de sant�, aux �tats-Unis, atteignent 4631$ par ann�e (les montants sont exprim�s en dollars am�ricains), contre 2535$ au Canada et 2349$ en France. Ces chiffres, les plus r�cents disponibles, concernent l'ann�e 2000 et proviennent de l'Organisation de coop�ration et de d�veloppement �conomiques (OCDE).

Comme on le voit, la qualit� et l'accessibilit� des soins de sant� n'ont aucun rapport avec les sommes que l'on engloutit sans le syst�me. L'exemple am�ricain est, � cet �gard, plus qu'�loquent.

Encore plus int�ressant: les chiffres confirment que les Fran�ais, en d�pensant moins d'argent que les Canadiens, obtiennent des r�sultats largement sup�rieurs. M. Castonguay a donc parfaitement raison de citer le cas de la France.

D�s lors, une autre question de pose: comment les Fran�ais parviennent-ils � fournir de meilleurs co�ts?

*****

Nous connaissons la r�ponse � cette question, gr�ce � ma coll�gue Lilianne Lacroix, de La Presse.

La publication des chiffres de l'OMS aurait pu passer relativement inaper�ue, au Qu�bec. Mais Mme Lacroix a eu l'id�e de fouiller le dossier. Le r�gime public qu�b�cois est au bout du rouleau; pendant ce temps, les Fran�ais se font dire par l'OMS qu'ils ont le meilleur syst�me au monde. Pourquoi ne pas aller voir sur place comment ils s'y prennent?

C'est ce qu'a fait Mme Lacroix. Il en a r�sult� une s�rie d'articles extr�mement �clairants, publi�e du 11 au 13 f�vrier 2002.

En r�sum�, la journaliste nous apprend qu'il existe en France un r�seau public efficace et bien d�velopp�, mais que sa structure de gestion est totalement ind�pendante du gouvernement; c'est d�j� un excellent point. En outre, les Fran�ais doivent payer des frais mod�rateurs pour avoir acc�s au r�gime public, mais ceux qui le d�sirent peuvent faire appel au priv� et payer en cons�quence; ces deux mesures contribuent � all�ger la pression sur le r�gime public.

Ce n'est pas tout. Le priv� fait plut�t bon m�nage avec le public, les deux se consid�rant comme compl�mentaires; de plus, en France, le secteur de la sant� �chappe largement � la syndicalisation; par ailleurs, on n'impose pas de plafond salarial aux m�decins, qui peuvent, tout comme les infirmi�res, effectuer des visites � domicile. Enfin, les Fran�ais peuvent consulter des m�decins sp�cialistes sans �tre oblig�s de passer par un omnipraticien.

Voil�, sommairement �num�r�s, les ingr�dients du mod�le fran�ais. Et je rappelle que tout cela se passe dans un pays qui n'a pas la r�putation d'entretenir beaucoup de sympathies n�olib�rales. Je rappelle aussi que le socialiste Lionel Jospin, lorsqu'il �tait au pouvoir, n'a jamais pens� � remettre ce mod�le en question.

Il semble donc assez clair que la France a bien r�ussi la synth�se harmonieuse entre un r�gime public universel mais souple, et un secteur priv� qui joue un r�le d'appoint, soulageant d'autant le secteur public.

Pourquoi, dans ces conditions, y a-t-il autant de voix, chez les p�quistes, les lib�raux, les syndicats, les �ditorialistes, les fonctionnaires, pour hurler au meurtre d�s qu'il est question de parler de l'apport du priv�?

C'est probablement � cause de la proximit� des �tats-Unis. Or, comme on l'a vu, l'apport du priv� ne signifie surtout pas qu'il faut importer le mod�le am�ricain, dont les limites sont �videntes, et qui est d'ailleurs unique chez les pays industrialis�s.

Si tous les d�fenseurs du syst�me actuel se donnaient la peine d'oublier un instant leurs obsessions am�ricaines et de regarder ce qui se fait ailleurs, pas seulement en France mais aussi en Su�de, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, au Japon, ils verraient rapidement que les secteurs public et priv� peuvent tr�s bien coexister en sant�, et que les grands gagnants sont les citoyens qui ont besoin de soins.

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