At 10:05 16/10/2010, Paul MATHIAS wrote:
Une remarque plutôt qu'une objection : "pattern" appartient au
registre très courant de la langue anglaise, tandis que "cénotype"
est du registre savant du français. Pourquoi ne pas considérer le mot
"schème" qui, dans une langue un peu moins savante (quoique...)
désigne une espèce de modèle qui justement n'en est pas un au sens de
la fixité et de l'immuabilité ?

Intéressant. Mais débat :

Nous rencontrons là un problème culturel fondamental. Le même mot (patron) a évolué selon les deux cultures de façon pragmatique en anglais, de façon plus complexe en français. Or il y a un mot usuel en anglais pour correspondre à l'évolution française (boss) et pas en français pour correspondre à l'évolution anglaise (du moins encore trouvé), d'où risque de confusion totale en français. Si je remplace en anglais "pattern" par "boss" je ne vais pas être compris.

Le mot "schème" est lui beaucoup plus savant que cénotype (qui n'est qu'un pis aller nouveau et donc inconnu) en ce sens qu'il a déjà deux sens établis par ailleurs : - en psychologie : un schème est une action organisée, structurée et généralisable d'une situation à une autre. - en philosophie : sans doute un aspect confus pour certains et dans tous les cas abondamment disc/puté de Kant

Mais surtout, dans les deux cas il m'apparait l'inverse de l'usage spécifique de pattern tel que je cherche à le traduire, c'est à dire une signature effective discernée par l'intellect comme étant systématique à un objet physique, (bio)logique ou noétique. Ainsi, un pattern peut entrainer la mise en route noétique d'un schème (Piaget) (un gosse aperçoit un biberon, il va se mettre à saliver) dans lequel sa mère va évaluer un schème (Kant) de la nourriture de son enfant. Rien de "cénotype" là-dedans qui ne veut qu'inclure une liaison structurelle trait d'une tétine + trait d'une bouteille.

Toutefois, le mot schème a ses attraits en comparaison avec lexème, mème ou plutôt sémème, phonème. Mais il me semble que c'est au trait (sémantique) qu'il vaut mieux les comparer ?

Une autre proposition fructueuse discutée sur une table privée du Café du Com est celle de "forme". Forme est trop construit, mais un rappel judicieux à René Thom (dont quelqu'un sur cette liste a été l'élève et peut commenter) donne une intéressante comparaison entre mathématiques (science des "patterns" et des "structures" selon une définition fameuse du MIT) et sémantiques que l'on peut introduire de façon parallèle comme la science des "patterns" et des "cortèges" (cortège : un concept introduit par JM Borde de cette liste comme données/métadonnées que j'ai étendues aux syllodonnées de leur association - que Thom appellerait quant à lui le "logos de la forme"). En fait les cénotypes sont des indices des structures et des cortèges aux mathématiciens et sémanticiens avec sans doute une rencontre diktyologique (en science des réseau) au niveau des quelques synergénéticiens ayant survécu à la discipline géométrique de la synergétique (synergie née, comme la masse d'Einstein, par la géométrie des choses) que l'on pourrait qualifier de "sémantique mathématique" de Richard Fuller. Elle serait alors la confluence des maths - dix chiffres et des axiomatiques somme toute limitées - et de l'apport sémantique. Toutefois la convergence quantifiée de millions de termes, à travers les langues, ne peut se faire que sur des mots justes dont il manque probablement d'autres millions (Fuller estimait le registre courant que devrait supporter une langue à 250.000 notions : chacune selon sa culture les distribue selon le repère de ses concepts).

jfc




pm
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On 15 Oct 2010, at 16:38, jefsey wrote:

Chers CaféduCompères et CaféduCommères,

Depuis des mois je rencontre la difficulté de traduire le mot
anglais pattern qui a dérivé deux fois (dans la forme et dans le
fond) du mot français "patron" (de couture). Ce mot est traduit le
plus souvent en informatique comme "patron" et en sciences comme
"modèle" ce qui ne rend pas la dérive sémantique vers un "patron et
des motifs" non plus imposés par le "patron" (dirigeant, décideur)
mais existants et découverts.

Par exemple l'on s'accorde pour dire que le cerveau procède par
reconnaissance de "patterns communs" dans ce que lui transmettent
les sens. Il y a là donc un "patron"/"modèle" externe qui _va_ être
modélisée à la manière de chaque cerveau et le concepts et les
notions qui peuvent s'y attacher vont peu à peu faire l'objet d'une
modélisation propre à chacun puis partagée. Un exemple est un
rorschach - un patern d'où chacun tente de trouver le patron d'un
modèle s'il en existe.

Dans ce sens je me propose d'utiliser le mot "cénotype" - ce qu'il
y a de pré-commun. Ainsi, si l'on veut expliquer/montrer un
"noeud", l'on va en illustrer le cénotype à travers des images, des
exemples, des analogies, etc.

Objections, commentaires, suggestions ?
jfc



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