Quelques lettres int�ressantes et fort bien �crites.La lettre d'Alain V. y est,d'ailleurs.
 
Bonne lecture.
 
C.
 
 
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Il faut se d�barrasser des bureaucrates

Bravo pour les huissiers!

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La m�decine des femmes

D'une discrimination � une autre

La frilosit�

Lettre au ministre Fran�ois Legault

Forum Le mardi 24 septembre 2002

R�parer d'abord les pots cass�s


Yves Lamontagne

Yves Lamontagne

Notre rencontre avec le ministre Legault, le vendredi 6 septembre dernier, devait porter sur son plan de relance du syst�me de sant�. Il en a �t� tout autrement. En effet, pendant pr�s de deux heures, nous lui avons expliqu� les effets n�fastes de la Loi visant la prestation continue de services m�dicaux d'urgence (�Loi 114�): d�motivation, peur et col�re des m�decins en poste, et danger de p�nurie encore plus grande dans les ann�es � venir. Loin de r�parer les pots cass�s, une nouvelle loi imposant aux m�decins des conditions de travail encore plus contraignantes ne ferait qu'envenimer la situation, d�j� tr�s difficile.

Entre autres cons�quences, ces mesures coercitives risquent d'aggraver la p�nurie de l'effectif m�dical pour plusieurs raisons. Premi�rement, comme leurs contemporains, la plupart des �tudiants en m�decine voyagent beaucoup et parlent deux ou trois langues; puisqu'ils passent les examens du Qu�bec, du Canada et des �tats-Unis, ils h�siteront bien moins que les m�decins de mon �ge � quitter la province. Deuxi�mement, plusieurs m�decins dans la cinquantaine, particuli�rement essouffl�s par leur importante charge de travail, pourraient d�cider de prendre leur retraite et de profiter de la �Libert� 55�.

Troisi�mement, les cong�s attribuables � l'�puisement professionnel � cause de la surcharge de travail risquent d'augmenter; d'ailleurs, le Programme d'aide aux m�decins r�pond d�j� � un nombre croissant de consultations � ce propos. Enfin, l'acc�s libre et gratuit aux soins et services m�dicaux pourrait en �tre affect� si d'autres m�decins d�cidaient de se d�saffilier de la R�gie de l'assurance-maladie et d'oeuvrer enti�rement dans le priv�.

Il est facile de s'imaginer que le r�sultat serait catastrophique. Qu'arriverait-il alors de la protection du public et de la qualit� de la m�decine, pr�occupation premi�re du Coll�ge des m�decins du Qu�bec? Nous sommes d'accord avec le ministre Legault pour dire qu'il existe trois grands probl�mes dans notre syst�me de sant�: le financement, la p�nurie de m�decins et l'organisation du travail et des services. L� o� nos opinions divergent, c'est concernant l'ordre des priorit�s; comme le probl�me le plus criant est l'organisation du travail et des services, c'est, selon nous, sur ce plan qu'il faut d'abord intervenir. Le Coll�ge des m�decins du Qu�bec a d'ailleurs propos� de nombreuses solutions au minist�re au cours des quatre derni�res ann�es: mise sur pied rapide de groupes de m�decins de famille avec une bureaucratie minimale, rationalisation des services (on ne peut plus avoir tout partout), corridor de services, cr�ation de cliniques affili�es pour les sp�cialistes, cr�ation d'�quipes minimales (quatre m�decins) pour les sp�cialit�s de base en r�gion afin de ne pas �puiser l'unique sp�cialiste en place, mise sur pied de nouveaux stages en r�gion pour les �tudiants, d�veloppement de la t�l�m�decine, et j'en passe. Toutes ces mesures aideraient sans doute � diminuer l'effet nocif de la p�nurie actuelle, qui durera n�anmoins quelques ann�es.

Enfin, quant au financement, c'est bien beau de toujours mettre la faute sur Ottawa, mais nous pourrions au moins suivre l'exemple de l'Alberta et regarder ce que nous pourrions nous-m�mes faire mieux avec la m�me enveloppe budg�taire ou par de nouveaux moyens de financement. Encore l�, le Coll�ge des m�decins du Qu�bec a propos�, entre autres, des recommandations pr�cises au comit� pr�sid� par M. Roland Arpin sur le partenariat priv�-public et dont on attend toujours les suites. Il faudra bien admettre un jour que si tout est important, tout n'est pas d'�gale importance. Une grippe trait�e � l'urgence n'a pas la m�me importance qu'un infarctus, tant sur le plan clinique que financier.

Le Coll�ge des m�decins du Qu�bec est bien conscient des difficult�s de notre syst�me de sant� et a sugg�r� plusieurs solutions aux commissions Clair, Romanow et Kirby ainsi qu'aux nombreuses commissions parlementaires du gouvernement du Qu�bec sur la sant�. Quand passera-t-on des �commissions � l'action� et de la �division pour mieux r�gner� � �l'union pour mieux g�rer�?

L'auteur est pr�sident du Coll�ge des m�decins.



 



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La pauvret� � Ottawa

Pour des services m�dicaux de qualit�

La fin du double mandat

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�Un gars, c'est pas pareil...�

De la vision

Qui est la g�n�ration Passe-Partout?

NON : Des investissements destin�s au Canada vont s'envoler vers le Sud

Le vendredi 20 septembre 2002

Lettre au ministre Fran�ois Legault


Michel-Antoine Perrault
L'auteur est m�decin

Je suis m�decin, en fin de sp�cialisation en anesth�siologie, � Montr�al. Depuis que j'ai commenc� mes �tudes universitaires, il y a 10 ans, il a toujours �t� clair pour moi que je pratiquerai au Qu�bec, car j'aime fondamentalement ma province, je m'y sens bien trait� et en s�curit�.

Par ailleurs, je me sens redevant aupr�s du peuple qu�b�cois dont les imp�ts ont pay� une formation longue et co�teuse. De plus, j'aime mon m�tier et j'appr�cie surtout le privil�ge de pouvoir devenir travailleur autonome, privil�ge que je sens m�rit� avoir travaill�, �tudi� et m'�tre endett� durant ces dix ann�es de formation. Je suis comme beaucoup de mes coll�gues et futurs jeunes sp�cialistes de 2003, ambitieux, travaillant et motiv� � rendre un service impeccable � la population qu�b�coise.

Toutefois, je suis en train de remettre en question toutes ces convictions que j'avais hier. Jamais je n'aurais cru devoir un jour plier devant un politicien aveugl� par le pouvoir de mener sa �petite r�volution� en refusant de consulter les personnes directement responsables de la bonne marche de notre syst�me de sant�: nos ambulanciers, nos pr�pos�s, nos infirmi�res, nos m�decins. Car sachez que ceux-ci tiennent, de peine et de mis�re, un fort abandonn� par votre gouvernement il y a de cela six ans. Et vous voulez maintenant nous en faire payer le prix?

Je n'aurais jamais cru un gouvernement occidental d�mocrate capable de s'abaisser � envoyer un huissier chez un urgentologue de la Rive-Sud, travaillant d�j� � temps plein, pour le sommer d'aller couvrir un quart de garde � Jonqui�re la semaine suivante, � 500 kilom�tres de l�. Vous avez cependant eu la bienveillance de lui annoncer qu'il pourrait arriver sur les lieux une demi-heure avant son quart...

Que diriez-vous M.Legault d'�tre le premier patient qui arrive dans un �tat critique devant ce m�decin qui n'est pas familier avec l'�quipement avec lequel il doit vous sauver la vie et qui est d'une humeur ex�crable car votre milice l'a oblig� � �tre l�, comme un criminel. Vos d�cisions ne sont qu'une suite d'aberrations et montrent bien � quel point vous ne comprenez pas comment fonctionne le syst�me � la t�te duquel vous �tes, et surtout comment il faut faire pour rattraper les �neries que votre gouvernement inflige au peuple qu�b�cois depuis six ans en mati�re de sant�.

Je tenais finalement � vous f�liciter au nom du peuple qu�b�cois envers qui j'ai une dette. Vous avez r�ussi � d�sillusionner un jeune m�decin motiv� et plein d'�nergie. Jamais, en dix ans, je n'ai consid�r� quitter ma province ...enfin, jusqu'� cet �t�...J'aurais pu mettre la main � la p�te moi aussi; malheureusement, c'est une autre province qui profitera de mes services, alors qu'elle n'aura rien d�bours� pour me former...la chanceuse!

Vraiment, M. Legault, bravo et merci.




 



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La vengeance

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La frilosit�

Lettre au ministre Fran�ois Legault

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Pour des services m�dicaux de qualit�

Forum Le mardi 24 septembre 2002

Bravo pour les huissiers!


Alain Vadeboncoeur

Photo Martin Chamberland, La Presse

M. le ministre: �Vous aviez parl� d'une petite r�volution, il faut croire que c'�tait vrai. Je ne suis pas totalement convaincu, cependant, que vous en ayez mesur� tous les effets�, avertit le Dr Vadeboncoeur.

Monsieur Fran�ois Legault,

J'ai re�u ce matin, par huissier, une lettre m'obligeant � couvrir un quart de nuit, le 23 septembre prochain, � l'urgence de Jonqui�re.

Devant alors me trouver � l'ext�rieur du pays, en congr�s, j'ai failli m'�touffer avec mon caf�. Finalement, il s'agissait d'une blague. Mais jeudi soir, apprenant aux nouvelles qu'une douzaine de mes coll�gues urgentologues avaient re�u une lettre similaire, je ne riais plus. Plus personne ne riait.

Le pr�sident directeur-g�n�ral de la R�gie de la sant� du Saguenay Lac-St-Jean semblait tellement d��u, � la t�l�vision, de n'avoir pu convaincre suffisamment de m�decins � venir travailler � l'urgence de Jonqui�re en septembre. Je le serais aussi, � sa place. Un coin si charmant. Autre signe du manque flagrant de solidarit� sociale des m�decins, ne trouvez-vous pas? Au fait, avez-vous une petite id�e du pourquoi? Est-il possible qu'il soit devenu plus pr�occupant pour un m�decin d'urgence de mettre les pieds en r�gion?

En m�decine, il existe un principe fondamental, exprim� par une maxime fort simple: avant tout ne pas nuire. Lorsqu'une urgence vitale survient chez un de nos patients, une action vigoureuse est souvent n�cessaire, mais pour chaque d�cision th�rapeutique, il faut peser le pour et le contre et s'assurer que les risques ne sont pas trop �lev�s. Soit, une urgence ferm�e est une urgence ferm�e de trop. Vous avez donc agi. Mais aviez-vous bien pes� le pour et le contre de votre action?

Bien s�r, il n'y a plus d'urgence qui ferme la nuit. Vous avez r�ussi, l� o� d'autres avaient �chou�. C'est qu'aucun de vos pr�d�cesseurs n'avait eu cette lumineuse id�e: recruter les m�decins � coups de visites d'huissiers. C'�tait pourtant simple, efficace. Il suffisait d'y penser.

De la fiert�

� votre place, je serais donc fier d'avoir gard� l'urgence de Jonqui�re ouverte: vous avez fait du bon travail, les huissiers ont fait leur dur m�tier, les m�decins d'urgence obtemp�reront, les patients seront contents, les pr�sidents de R�gie aussi, tout ira bien. Vous aurez peut-�tre cependant, dans les prochains mois, � travailler un peu plus fort dans ce dossier, puisque des urgences comme Jonqui�re, qui commencent � avoir de la difficult� � convaincre des m�decins de venir y travailler, �a risque de devenir fr�quent. Et peut-�tre beaucoup plus fort, l'an prochain, si vous �tes toujours ministre de la Sant�. Mais comme il est �vident que le travail ni l'avenir ne vous fait peur et que vous ne manquez pas d'huissiers, il n'y a pas lieu de s'inqui�ter.

Au fait, le saviez-vous, les m�decins oeuvrant dans les urgences sont p�tris de paradoxes: s'ils �taient vraiment raisonnables, ils n'y travailleraient pas. Il leur serait en effet beaucoup plus simple de pratiquer ailleurs, par exemple dans une clinique sans rendez-vous, o� les responsabilit�s sont minimales, les revenus plus �lev�s et les horaires, de vraies vacances. Si donc ils continuent de vaquer � l'urgence, il ne peut y avoir qu'une seule raison, c'est qu'ils aiment vraiment le m�tier, ce qui est le propre d'une vocation. C'est peut-�tre un peu abstrait pour vous, mais il s'agit pourtant d'une donn�e fondamentale du probl�me que vous pr�tendez avoir r�gl�.

Si j'�tais vous, j'aurais maintenant des doutes. � court terme, vous avez eu raison. Mais qu'en sera-t-il demain, apr�s-demain, l'an prochain ou dans dix ans? Est-il possible qu'il soit de plus en plus difficile, dor�navant, de recruter des m�decins pour l'urgence de Jonqui�re? Que, depuis le 25 juillet, il soit devenu ardu de recruter des m�decins d'urgence pour travailler dans les diverses r�gions du Qu�bec? Que, depuis cette date, peu ou pas de jeunes m�decins soient dor�navant int�ress�s � besogner dans une urgence? Que la vocation pour l'urgence soit devenue anachronique?

Vous aviez parl� d'une petite r�volution, il faut croire que c'�tait vrai. Je ne suis pas totalement convaincu, cependant, que vous en ayez mesur� tous les effets. Et si j'�tais vous, je craindrais surtout ceci, maintenant: que les m�decins d'urgence redeviennent tout simplement des �tres rationnels, qu'�ils laissent s'�teindre en eux cette vocation les poussant � ouvrer dans un milieu professionnel aussi intense que difficile, puis qu'ils choisissent, avec leur famille, leurs proches, leurs coll�gues, sans emb�ter personne et sans le crier sur les toits, un m�tier plus raisonnable. Mais j'y pense, avec votre loi, pourquoi donc s'en inqui�ter? Avons-nous seulement besoin d'eux, alors que la seule qualit� dor�navant requise pour ouvrer � l'urgence, c'est d'avoir une adresse l�gale et de r�pondre � la porte?

Ce que je voulais aussi vous confier, bien humblement, c'est que, comme chef d'urgence de carri�re, les cons�quences de certaines de mes d�cisions furent parfois pires que les probl�mes que je voulais r�gler; il s'agissait de mauvaises d�cisions, c'est humain. J'ai du parfois faire marche arri�re, ce qui est difficile mais aussi une certaine preuve de sagesse, qui vient avec les cheveux gris. Il est peut-�tre temps pour vous de r�aliser que la d�cision de proposer, de faire voter puis d'appliquer la loi 114 n'�tait pas votre meilleure d�cision. Il est encore temps d'abroger une loi, qui, en r�alit�, causera in�vitablement des probl�mes si complexes qu'aucune nouvelle loi ne pourra plus les r�soudre. Je ne sais pas si la confiance va revenir, mais au moins nous cesserons de d�valer la pente � reculons.

Les chefs d'urgence de Montr�al et de Laval sont absolument unanimes sur ce point. Peut-�tre nous trompons-nous, peut-�tre pas. � vous de choisir, c'est vous le ministre.

L'auteur est urgentologue � l'Institut de cardiologie de Montr�al et pr�sident de la table des chefs d'urgence de Montr�al.



 



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