B'soir,

> Je résume la réponse de Guy, avec mes commentaires :
> - c'est biaisé, car on est partis de la réponse : j'adhère total. Mais,
> en tant que prof, je reconnais cela comme un de "mes" défauts majeurs :
> je rédige des examens en ayant les réponses en tête, et les pauvres
> étudiants d'essayer de deviner ce que j'ai dans la tête, au lieu de
> réfléchir à la question !

Oui, mais pour moi le biais est plus grand là, l'intention est dans le 
décalage, se dire tiens, qu'est-ce qu'il pourrait se passer si on présente 
une telle demande. Je veux dire que l'on fait croire que la personne qui pose 
la question est sincère, comme si elle posait un réel sujet ouvert, qui 
permet de réellement creuser et si on trouve une réponse triviale, on la 
considèrerait pour soi, mais on ne peut pas le faire car l'on craint de 
passer pour un provocateur.

C'est la rumeur qui courraît lorsque j'étais au lycée, tu sais une année en 
philo le sujet c'était "Qu'est-ce que l'audace ?" et ben le frère au copain à 
machin, il paraît qu'il a écrit "C'est ça !" et qu'il a eu 20. On peut 
imaginer (on peut aussi imaginer le contraire) que quelqu'un qui lirait le 
sujet sur la brouette pourrait se dire, bon sang, ils nous gavent avec leurs 
sujets à la gomme (on peut craindre une tournure plus... fleurie), on peut 
faire ça avec une brouette ou une remorque derrière un vélo (c'est mon côté 
innovant) ! Et ensuite il fait tout pour être aux antipodes de ce genre de 
réponse, car ce ne peut pas être la réponse.

C'est un jeu dans lequel seul l'un des deux connaît la règle. Ils sont au même 
niveau d'imagination pour la solution, mais il n'y en a qu'un qui sait ce que 
l'on a le droit de dire ou non.

> - problème de relation / l'étudiant n'est pas libre de se... libérer. +1

Oui et ça rejoint la phrase classique, on ne leur avait pas dit que c'était 
impossible, alors ils l'ont fait. Dans l'institution, en dehors de la 
technique même, on transmet beaucoup de règles comportementales, les 
questions ont des réponses, du sens, tel comportement n'est pas possible, 
etc. En maths, une de façon d'explorer un sujet, c'est par exemple de 
vérifier si l'on a utilisé toutes les infos, car il n'y a jamais redondance. 
Dans la vie, tu peux avoir beaucoup plus d'infos que de dégrés de liberté 
d'un phénomène. On ne donne pas un système de 3 équations à deux inconnues, 
du moins rarement, on dit rarement voilà, y'a plein d'hypothèses, vous 
tenterez d'en faire quelque chose.

> à nouveau. Je ne suis pas assez documenté là-dessus, mais Guy, *je suis
> partant pour lire*, si tu peux me donner des références. Ma seule

Non, je  n'ai pas tant lu que cela, des trucs faciles comme Stella Baruk : 
Échecs et maths, ça date du début des années 70, je crois, au Seuil aussi. 
Sinon des classiques comme certains textes de Merieux, dont je ne paratage 
pas toutes les convictions, mais qui dit des trucs intéressants. Par exemple 
son texte, je crois que c'est de lui, sur l'enseignant incompétent, c'est 
repris dans une revue de l'École Moderne (Freinet) ou de l'ICEM, Institut 
coopératif de l'école moderne.

Je ne l'ai plus trop en tête, une activité scolaire nécessite la présence d'un 
enseignant pour encadrer, mettons de l'histoire. Si ce n'est pas un prof 
d'histoire qui encadre, il n'a donc aucun préjugé en histoire et pourra plus 
difficilement induire les réponses de la part des élèves. Il les conduira au 
contraire à préciser leur démarche, à dire pourquoi on fait comme si ou comme 
ça et pourra explorer les voies dites impossibles. Au premier degré on peut 
dire, ils feront n'importe quoi, ça s'ra l'chantier, mais je pense que tu 
comprends ce que je veux dire. Il faut que je recherche ce texte.

Tiens si tu es intéressé, je peux t'envoyer ma doc sur la didactique du 
premier cours d'info et le td associé. Il faudrait peut-être continuer hors 
liste... Une première application tableur, parce que dans un tableur il se 
passe des choses, ça calcule tout seul, et la question de la recopie "avec 
des dollars". Si les gars (ça marche aussi pour les filles) me suivent, alors 
ils se plantent et je dis voilà la partie centrale du premier cours : Que 
faire quand ça marche pas ? D'ailleurs ça s'appuie sur un polycop commun Calc 
Excel et ça s'appelle initiation au tableur (donc c'est pas hors sujet ici, 
et toc :-D. Je l'avais monté au départ sur le Nano-réseau.

Un truc simple par exemple une petite application de calcul de coût 
d'utilisation d'un matériel, un tracteur. Dans l'application on a besoin de 
recopier, on dit comment on recopie, ça gaze et la deuxième fois on fait 
pareil. Sauf que la deuxième, il faut des références absolues et que je n'ai 
jamais parlé de ça. Donc M'sieur (ou m'sieur), ça marche pas, ça bug(ue) ! Et 
on cherche qu'est-ce qui diable fait que la première fois ça marche et que la 
deuxième, niet. On en arrive à se demander comment voir ce que le logiciel a 
bien pu écrire lors de la copie, la coloration des cellules et de leurs 
références, et ensuite ce qu'il (le tableur) aurait du faire et ensuite, mais 
est-ce que c'est possible de le faire travailler comme ça ? Ben oui, depuis 
le premier tableur Visicalc, il n'y a pas de tableur qui ne permette pas de 
différencier les références absolues et relatives. Il n'y a surtout pas 
d'introduction qui dirait Achtung les jeunes, aujourd'hui nous allons voir 
les deux façons de désigner une cellule. On découvre par nécessité, en 
quelque sorte, certains avaient appelé cela la pédagogie de l'échec, je 
crois.

> référence, c'est le personnage de Phèdre dans "Traité du zen ete de
> l'entretien des motocyclettes" par Robert Pirsig. Phèdre décide de ne
> donner aucune note pendant le semestre, uniquement à la fin, et il
> s'ensuit un grand nombre de considérations et réflexions (quel est le
> but de former ? qu'est-ce que la qualité ?)

Souvent je dis, il n'y a pas de note, on travaille vraiment, ça ne sert à rien 
de souffler ou de copier. J'ajoute que souffler est la méthode de loin la 
plus efficace pour empêcher quelqu'un de touver la réponse, c'est la pire des 
vacheries que l'on puisse lui faire. L'enseignant incompétent ne peut pas 
souffler la réponse.

> OK, voilà une référence. Je note, Guy, je note ;-)

En fait, celui qui m'a intéressé le plus est : Une logique de la 
communication, il aborde entre autre la relation dans les couples en faisant 
référence à la théorie mathématique des groupes, c'est vraiment étonnant et 
tout à fait lisible par des non matheux, y compris sans jamais lire la partie 
consacrée aux groupes. En lycée je ne l'ai pas fait acheter, seulement : La 
réalité de la réalité, qui à mon avis est très exploitable.

Tu sais, je dis ces choses sans prétention, même si ma maladresse peut donner 
l'impression du contraire. Il faut plus de temps pour structurer. Ce sont un 
peu des propos de café du commerce :-)

Guy

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